Cultiver jusqu'à l'artificialisation

T.Guillemot

Cultiver jusqu'à l'artificialisation
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En attendant leur industrialisation, JA fait pousser la solidarité sur les terres en voie d'artificialisation. Exemple du côté de Falaise (14).

La fin de l'automne est la période traditionnelle de défense et de promotion du foncier chez JA (Jeunes Agriculteurs). Samedi dernier, au pied du Mac Do et du Drive E.Leclerc de Falaise (14), ils ont battu le pavé et une parcelle de maïs. Ultime récolte avant son irrémédiable et définitive artificialisation. Les dons liés à l'opération seront reversés au bénéfice du Télethon.
Un bien précieux
“C'est la deuxième année que nous prenons l'initiative de semer des parcelles non utilisées et qui appartiennent à la CDC (Communauté De Communes) du Pays de Falaise. C'est notre façon à nous de sensibiliser la population et les pouvoirs publics sur la problématique du gâchis du foncier agricole. Nous avons besoin de terres pour installer des jeunes agriculteurs et pouvoir ainsi nourrir la planète”, commente Mathilde Vermes, une des responsables JA 14 et productrice de nourriture à quelques kilomètres de là. L'opération n'est pas commando. Elle a le soutien de la CDC et de quelques partenaires techniques.
“C'est une bonne opération. Nous sommes propriétaires de la zone et cela fait deux ans que nous sommes partenaires des JA. A leur demande, nous avons décidé de leur prêter temporairement la terre pour une opération humanitaire”, commente François Cassiaux. Mais comment concilier les besoins des uns sans amputer ceux des autres ? “C'est une grosse difficulté et un gros dilemme, reconnait le directeur général des services de la CDC du Pays de Falaise. On se trouve en périphérie d'une ville et à proximité de voies de communication porteuses d'avenir. On adopte une politique de ventes qui a été réduite. Auparavant, les industriels achetaient un hectare pour ne construire que 200 m2. On essaie désormais aujourd'hui de développer d'autres alternatives”.
Mais un grignotage inexorable
Cette politique économique vis-à-vis de la consommation de foncier agricole s'explique par la pression syndicale exercée par le syndicalisme jeune mais aussi par la présence d'agriculteurs au sein des instances décisionnaires. Mais, au-delà, le grignotage semble inexorable. “Cette zone, que l'on a ouverte à la commercialisation en 2008, est pratiquement à saturation excepté une parcelle de 3 ha, propriété du groupe Intermarché”, complète François Cassiaux. La CDC, “victime de son succès”, a donc jeté son dévolu sur une autre zone (15 ha environ) du côté de St-Martin-de-Mieux, à l'embranchement de l'autoroute. “Nous sommes obligés d'anticiper parce que les délais de négociations avec les propriétaires sont parfois très longs”. La tendance peut aussi être spéculative. En attendant, JA cultive au pied des villes et des noeuds de communication pour rappeler certains enjeux. Il n'y a pas que le climat !

Source l'Agriculteur Normand

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