DAEMR : une formation à nulle autre pareille

PATRICIA OLIVIERI

Les stagiaires de la formation “Devenir acteur en milieu rural” dressent un bilan enthousiaste.

Dernier jour en commun pour ce groupe de 13 stagiaires accompagné de Caroline Roques, animatrice des JA, et de “Moustique”, une 14e stagiaire à quatre pattes.

Ils sont 13, tous fils ou fille de paysans, ils ont entre 20 et 36 ans et viennent de vivre selon leurs propres termes “une formidable expérience humaine”. Durant quatre semaines pourtant, ces futurs jeunes agriculteurs qui ne se connaissaient pas, au profil et trajectoires différents, ont vécu ensemble jour et nuit, quasiment assignés à résidence à la Maison familiale rurale de Marcolès. Rien de réjouissant a priori dans ce huit-clos qui fut loin d’être un isolement forcé. Ces 13 stagiaires de la formation Devenir acteur en milieu rural (DAEMR) organisée par le syndicat JA du Cantal(1) ont en effet rencontré durant cette formation “carrément différente de toutes les autres”, selon Nicolas Reboul, l’un d’entre eux, une trentaine d’intervenants d’horizons professionnels variés : prof de théâtre, représentant de l’administration départementale (DDT), élus locaux mais aussi député ou encore parlementaire européen, responsables d’organisations professionnelles agricoles, de coopératives, de la grande distribution...

Une formation pour “prendre de la hauteur”

“C’est une occasion unique de découvrir des choses qu’on n’aurait jamais pu voir, on a par exemple assisté à la séance des questions à l’Assemblée nationale, visité Rungis, le Parlement européen..., poser des questions à tout un tas de gens influents”, analyse le jeune homme qui prévoit de s’associer avec un tiers en élevage de poules pondeuses. Aussi, entre un stage en exploitation et cette formation, pour eux, “il n’y a pas photo”. “Ça permet de comprendre qui fait quoi, de savoir à quelle porte frapper pour notre installation, mais aussi de prendre du recul, de voir la réalité, de comprendre tout ce qui gravite autour de l’agriculture et de bien en cerner les enjeux” abonde Quentin Pellegry. Et cette réalité, loin de les effrayer, les a plutôt confortés dans leur projet d’installation mais aussi dans la nécessité de s’impliquer sur leur territoire, “que ce soit dans le monde agricole, économique politique, associatif”. “Nicolas Bardy (JA du Cantal) nous a par exemple expliqué que le Gaec entre époux avait été défendu et obtenu suite à des revendications cantonales d’exploitants”, relèvent-ils. Une implication et des conseils en communication qu’ils ont déjà mis à l’œuvre lors de leur semaine entre Paris et Bruxelles puisqu’après une étude approfondie de la filière de l’AOP cantal, ils sont allés à la rencontre des consommateurs de trois magasins Leclerc de la région francilienne avec pour cahier des charges de promouvoir l’appellation fromagère mais aussi de recueillir la perception des clients sur le produit. Des réactions qu’ils ont synthétisées et présentées vendredi aux responsables des organisations professionnelles agricoles, et notamment au Cif, Comité interprofessionnel des fromages (lire ci-contre).

(1) Animée par l’Ifocap, financée par les OPA, avec le soutien du Conseil général.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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