De l'herbe pour mes agneaux...

VANIA COLIN CALIOP

De l'herbe pour mes agneaux...

Témoignage de David Guyon, agriculteur à Chaufour Notre Dame (72)

Installé depuis 4 ans sur la commune de Chaufour Notre Dame, je produis des poulets de Loué (2 bâtiments) ainsi que des agneaux sur une exploitation de 62 hectares. L'ensemble de la ferme est en agriculture biologique. Les surfaces se répartissent entre 28 hectares de cultures en contrat « grains de terroirs » Loué pour l'alimentation des volailles, 4 hectares de parc pour les poulaillers et 30 hectares de prairies temporaires. L'atelier ovin est composé de 200 brebis produisant 300 agneaux vendus pour moitié à une coopérative biologique (UNEBIO) et pour l'autre moitié en direct à la ferme.

Objectif de l'atelier ovin : produire des agneaux engraissés à l'herbe

Dès mon installation, je me suis orienté vers la production d'agneaux engraissés à l'herbe, ce qui me semblait la solution la plus économe surtout en agriculture biologique où le concentré coûte relativement cher. Je me suis installé avec une petite troupe de 80 brebis vendéennes soit 0.4UGB/ha de chargement global. Avec des paddocks de 5ha, je me suis vite rendu compte que ma surface en herbe était bien trop importante, mon chargement instantané n’était que de 2.4 UGB/ha. Le troupeau ne parvenait pas à manger l'herbe suffisamment vite. Au fil de la saison, il arrivait que l'herbe soit bien trop haute (plus de 20 cm) et souvent montée à graines dans des parcelles. D'autre part, cette herbe n'était plus de première qualité et ne me permettait pas de finir mes agneaux totalement à l'herbe.

Faire pâturer une herbe de qualité sans que les animaux « en gâchent » une grande partie ?

Au fil des années, grâce à mes échanges au sein du groupe ovin du Civam AD72, j'ai évolué. J’ai progressivement réduit ma surface en herbe (paddocks de 2 ha) et augmenté mon cheptel ovin pour arriver aujourd'hui à 200 brebis et 300 agneaux, soit un chargement global de 1UGB/ha. Aujourd’hui, j'ai fait évoluer mon système de pâturage vers un système « dynamique » composé de petites parcelles de 0,75 hectares, soit un chargement instantané élevé de 40 UGB/ha. Cela me donne un temps de séjour par parcelle de 3 jours maximum. Cette année, je réalise des paddocks en séparant mes parcelles avec des fils électriques. Le système commence à donner de bons résultats mais je pense encore augmenter le chargement instantané pour optimiser le pâturage. Il faudrait que j’arrive à 60 UGB/ha. Aujourd'hui, une majorité des agneaux est finie à l'herbe mais il y a encore des marges de progrès importantes en gérant aussi au mieux les périodes d'agnelage du troupeau afin d'être en phase avec la pousse de l'herbe et la demande du marché en agneaux.

Pour réussir dans cet engraissement, un des points clés : de bonnes clôtures.

Avec le groupe ovin du Civam AD 72, nous avons essayé un grand nombre de systèmes entre les clôtures fixes et mobiles. Dans notre méthode de pâturage, nous avons une multitude de petites parcelles qui doivent aussi être adaptées à la fauche, voire sur mon exploitation, à la mise en culture lors de la rotation. Sur l'exploitation, l'objectif est que toutes les parcelles entrent dans la rotation avec les cultures.

Ainsi, une des solutions semble être de clôturer en grillage fixe (90 à 100 cm de haut) le tour des parcelles de 3 à 4 hectares et ensuite de subdiviser ces parcelles avec des filets ou des fils électrifiés (4 hauteurs et non 3 afin d'éviter le passage des agneaux).

L'intérêt de cette organisation est que, si la hauteur d'herbe devient trop importante dans un paddock (plus de 20 cm), il suffit de le débrayer puis d’enlever les filets ou fils qui se replient facilement afin de faire du foin sur des parcelles de taille suffisamment grande.

Plusieurs éleveurs de notre groupe ont essayé le système « high tensile » avec des fils d'acier très tendus et électrifiés. Ce système est efficace en 4 fils mais n'est que très peu mobile car les fils peuvent s'enrouler et se casser.

Quel coût pour le système de clôtures avec subdivision ?

Globalement, les clôture fixes représentent une bonne part du budget mais si elles sont bien entretenues peuvent durer une bonne partie de la carrière de l'éleveur. Ensuite, les fils sont assez bon marché. Par contre, il ne faut pas hésiter à investir dans de bons postes de clôture et surtout dans un très bon testeur avec détection des fuites.

David GUYON – Adhérent au CIVAM AD 72

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Commentaires 2

Ex

Excellent faisons tous comme eux , Ceux qui achètent low cost le feront toujours mais étranger 100% et ceux qui font du bio auront des pris d achat conventionnel

CHABLE533

Très beau témoignage que celui ci il fait vraiment contraste avec l'actualité agricole et nous montre que ce n'est pas toujours la faute des autres. Plutôt que de pleurer sans cesse des solutions existent comme en témoignent Unebio où les volailles fermières de Loué.

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