De la viande ornaise à la table libyenne

Thierry Guillemot

De la viande ornaise à la table libyenne

Apparemment, la Libye a faim et souhaite reconstituer son cheptel. Est arrivé il y a quelques jours sur le bureau de GWJF (société d'ingénierie dont le siège est à Paris), un appel d'offre impressionnant : 20 000 moutons et 5 000 taurillons en vifs, 500 t de moutons congelés et 3 000 T de boeuf halal.

N'étant pas spécialiste de l'agroalimentaire, GWJF s'est tournée vers Nathalie Goulet, une connaissance. La sénatrice ornaise est en effet réputée pour avoir fait de l'agriculture un cheval de bataille. En campagne sénatoriale, Nathalie Goulet affirme ne pas disposer du temps nécessaire pour prendre en main le dossier. Elle a cependant fait abondamment circuler l'information, y compris dans les médias.

Contacté vendredi dernier, Jérôme Friler (gérant de GWJF) confirme l'opération. Sa société vient d'ailleurs de répondre officiellement à cet appel d'offre. Le montant de la transaction s'élèverait, avant négociation, aux alentours de 10 Me. De la viande ornaise ? En partie simplement. Confidentialité oblige, Jérôme Friler reste très discret sur ses fournisseurs. Il assure cependant que toute la logistique est opérationnelle et que la réponse libyenne devrait tomber sous un mois.

Nathalie Goulet se félicite de ces dernières évolutions. “Il y a 10 ans, on avait participé en Irak au programme pétrole contre nourriture. C'était bien parti mais les conditions techniques à Bagdad n'avaient pas été respectées. Là, ce n'est pas du tout le cas. Le paiement est assuré car des fonds libyens sont gelés en France”.
En tout état de cause, la révolution libyenne ne va pas révolutionner l'élevage bovin et ovin ornais.

“Dans un avenir proche, il faut réfléchir avec les professionnels ornais à la création d'une structure export, pas lourde et réactive,” conclut la sénatrice. Réponse des professionnels de la filière : le GIE export.Une initiative d'Interbev en collaboration avec la Fédération Française des Commerçants en Bestiaux (FFCB) et la Fédération Nationale de l'Industrie et du Commerce en gros des Viandes (FNICGV).

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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