Débordés par le succès, les agriculteurs bio se tournent vers le gouvernement

AFP

Débordés par le succès, les agriculteurs bio se tournent vers le gouvernement

Les 32.326 producteurs bio français espèrent recevoir plus de soutien public du nouveau gouvernement pour "accompagner" la vague massive d'agriculteurs en crise qui se tournent vers le bio, car plus rentable.

"Nous espérons que le gouvernement Macron va choisir d'aider l'agriculture bio" en demandant le transfert d'une partie des aides PAC (politique agricole commune) vers la bio, a indiqué mardi à Paris Julien Adda, délégué général de la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) qui regroupe 10.000 producteurs dans le pays.

Dans son programme, M. Macron a dit qu'il voulait verser un milliard par an sur cinq ans pour la modernisation des exploitations agricoles, et en même temps continuer à développer le bio, avec un budget estimé à quelque 200 millions d'euros par an. "Il faudra peut-être rééquilibrer ces deux volets si les 200 millions d'euros ne sont pas suffisants pour la bio, notamment pour mettre en place des techniciens qui accompagnent les nouveaux venus", a déclaré Stéphanie Pajeot, présidente de la FNAB, lors d'une conférence de presse.

2016 a été une année "historique". Alors que beaucoup d'agriculteurs dits "conventionnels" (non bio, NDR), ne parvenaient plus à gagner leur vie de leur production, le secteur bio, longtemps confiné à quelques militants, a connu une attrait et un développement inédits, avec "plus de 20 conversions par jour", surtout dans le Sud, le Sud-Ouest et en Bretagne, selon la FNAB.

Mais aujourd'hui, le succès est mis en péril par l'assèchement dans de nombreuses régions des fonds européens Feader (gérés par les régions) destinés à soutenir l'installation et le maintien des exploitations bio, a indiqué M. Adda. Ainsi, l'enveloppe prévue sur cinq ans (2015-2020) a été engloutie en une seule année dans plusieurs régions, obligeant certaines d'entre elles à mettre en place des soutiens hors-PAC pour le bio. La Nouvelle Aquitaine a d'ailleurs tout récemment annoncé un vaste plan de soutien à l'agriculture biologique.

Selon la FNAB, les projets de développement du bio dans les régions sont pourtant très importants pour 2017. A titre d'exemple, 10.000 hectares devraient passer en bio en 2017 dans la région Grand-Est, 15.000 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, 10.000 en Occitanie.

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