Déchets de l’activité agricole : faisons le point ?

CA 53 Chambre agriculture

Déchets de l’activité agricole : faisons le point ?

Pour l’année 2012, en Pays de la Loire, ce sont plus de 5 000 tonnes de déchets (hors maraîchage nantais) qui ont été récupérées, très majoritairement des déchets plastiques.

En 14 ans, en Mayenne, nous sommes passés d’aucune collecte à celles des emballages phytosanitaires, bâches, produits phytosanitaires non utilisables, huiles de vidange (opérations ponctuelles), enrubannage, déchets vétérinaires, sacs d’engrais, emballages de produits d’hygiène laitière, ficelles, filets et sacs de semences.

La mise en place a été progressive, pour plusieurs raisons : la recherche et l’évolution de solutions industrielles de valorisation (recyclage, besoins en combustibles) pérennes, proches (coûts de transport, réticence à exporter vers l’Asie) ; la nécessité d’un équilibre financier ; les aides publiques, souvent provisoires, ont dû être compensées par une éco-contribution intégrée au prix de vente. Pour que le système fonctionne, fabricants ou importateurs doivent y adhérer et cela prend du temps. Ce développement progressif s’est fait par « filières » correspondant à des catégories de déchets, à des moyens de valorisation, ou à l’implication progressive des fabricants : films plastiques  d’ensilage, puis de maraîchage ; bidons vides phytosanitaires, puis de produits d’hygiène laitière…

Certains agriculteurs souhaitent une solution globale, une sorte de « maxi collecte » répondant à la grande diversité des déchets de l’exploitation. Comme on n’imaginait pas, en une seule étape, passer du « zéro collecte » à une organisation globale, les solutions se sont bâties progressivement, indépendamment, en fonction des conditions citées ci-dessus.

Certains emballages plastiques ne sont pas encore collectés; l’explication tient au non engagement des fabricants dans un système d’éco-contribution, d’où l’absence de ressource pour couvrir les coûts de collecte et réaction logique de ceux qui contribuent et ne veulent pas partager leur engagement financier avec ceux qui ne contribuent pas. Là où il y a un manque, une demande insistante des agriculteurs et de leurs fournisseurs locaux auprès des fabricants ou importateurs pourrait faire avancer les choses. Il existe un autre obstacle à la « maxi collecte » : l’organisation pratique. Les sites des distributeurs sont aussi sites de vente et de stockage de récoltes. Il apparait donc difficile d’y envisager la réception simultanée d’une grande variété de déchets et d’en assurer une évacuation rapide.

Les pneus sur silos sont un cas à part ; sans aides publiques ni éco-contribution sur les stocks anciens, leur élimination reste actuellement à la charge de celui qui les détient.

Les plastiques sont omniprésents ; faute de pouvoir s’en passer, la meilleure solution est le recyclage, qui suppose de maintenir l’effort de tri, de rinçage et de participation aux collectes.

François Bunel - 02 43 67 38 58

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