Dernière assemblée de mandat

Catherine Perrot

Michel Brault, le très énergique directeur de la caisse centrale de MSA : « Des réductions de charges nous sont imposées. On préfère les choisir que les subir. »
Michel Brault, le très énergique directeur de la caisse centrale de MSA : « Des réductions de charges nous sont imposées. On préfère les choisir que les subir. »

La MSA 44-85 a tenu son assemblée générale le 6 juin dernier. Une session un peu particulière, puisqu’elle est la dernière de l’équipe élue en 2010. L’occasion de dresser un bilan de mandat, et de se préparer aux enjeux futurs, où le maître mot sera sans aucun doute : économies !

«Faire plus avec moins » : si ce credo est celui de l’agriculture écologiquement intensive, c’est aussi celui de la Mutualité sociale agricole, qui voit ses ressources se réduire, en raison de la diminution des populations agricoles, mais aussi et surtout, de la réduction des dépenses publiques en matière de protection sociale, et ses champs de compétence s’agrandir.
Lors de l’assemblée générale 2014 de la MSA 44-85, qui s’est tenue le 6 juin dernier dans la salle de la Fleuriaye à Carquefou, le directeur général de la caisse, Damien Bernès, a illustré concrètement cet impératif : depuis la fusion entre les caisses de Loire-Atlantique et de Vendée, en 2010, la MSA a diminué de 41 ETP ses effectifs et a réaffecté 29 ETP dans des fonctions nouvelles. « Nous avons eu une baisse globale d’activité de 3 %, et une diminution de 13 % des effectifs : cela veut dire que l’on a gagné 10 points de productivité ».
Ce gain de productivité et la rationalisation de l’organisation (120 personnes ont changé d’affectation) étaient un objectif majeur de la fusion entre les caisses de Vendée et de Loire-Atlantique et il est atteint : la MSA 44-85 figure d’ailleurs au 3e rang national du classement des caisses selon leurs performances économiques. Ce gain de productivité ne s’est pas fait au détriment de la qualité des prestations et de la relation clients, puisque les enquêtes réalisées auprès des ressortissants montrent de très bons taux de satisfaction.
« Nous avons fait du bon travail », a ainsi estimé Nicole Martin, présidente de la commission action mutualiste et représentante des 610 délégués élus en 2010, qu’elle a remerciés pour leur engagement. En 2015, de nouveaux délégués devront être élus et Nicole Martin, a souligné toute l’importance de ces élections, une spécificité (encore une !) du monde agricole (1) et qu’il est important de conserver en votant massivement.

Réformer en profondeur

Et si les délégués du mandat 2010-2015 ont accompagné et accompli de profondes mutations, ce sera aussi le cas des prochains élus. « On va être dans le dur », a assuré Jean-Marc Loizeau, le président de la MSA 44-85. « Tout l’enjeu sera de conserver un système de protection solidaire et de haut niveau, tout en réduisant les dépenses. On n’y parviendra pas sans une réforme en profondeur. »
Invité de cette assemblée générale, le directeur de la Caisse centrale de MSA, Michel Brault, a lui aussi annoncé des enjeux forts de réduction des dépenses dans les années à venir, et a estimé que la caisse 44-85 avait su faire les bons choix à temps, pour agir plus que subir. Il a rappelé l’originalité de la MSA, avec ses élections, ses directeurs de caisses locales qui ne sont pas nommés « par la direction centrale » (2), sa fonction de guichet unique tant apprécié des ressortissants, et sa crédibilité vis-à-vis des Pouvoirs publics (audits réguliers, à tous les niveaux…). Il a aussi évoqué les victoires récentes du monde agricole (petites retraites, obtention des IJ, gestion exclusive de l’Amexa et l’Atexa, et même gestion du « compte pénibilité » (3)), tout en rappelant que bien d’autres combats seront à mener dans les années à venir. Et de rappeler que pour accompagner les mutations à venir, les valeurs sur lesquelles les « anciens » ont construit la MSA après-guerre seront plus que jamais revendiquées : mutualisation, responsabilité, solidarité, unité du monde agricole…

(1) La MSA est le seul régime de protection sociale à avoir une vie démocratique à tous les niveaux. 
(2) Ce que l’État aurait souhaité apparemment !
(3) Si tout le monde reconnaît que c’est une « usine à gaz », le fait que la MSA ait obtenu sa gestion pour le monde agricole, à la place des Carsat, est une bonne nouvelle !

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