Des arbres typologiques pour mieux cerner les systèmes d’exploitation agricole

Patricia Olivieri

Un nouvel outil de connaissance des systèmes d’exploitation agricole cantaliens a été présenté mardi : Inosys, qui vise aussi à alimenter des démarches prospectives.

Des arbres typologiques pour mieux cerner les systèmes d’exploitation agricole

On connaissait le RGA, alias le Recensement général agricole, voici Inosys. Un projet national lancé par les chambres d’agriculture  il y a deux ans et décliné à l’échelon régional dont les premiers résultats ont été présentés dans le département mardi devant les conseillers de la Chambre d’agriculture, des organisations professionnelles agricoles (OPA) et l’administration. Inosys, “c’est un observatoire des systèmes d’exploitation dans les territoires pour le conseil, l’innovation et la prospective”, a expliqué Mathilde Bonestebe, ingénieur au service Références de la Chambre d’agriculture et par ailleurs chargée d’études Économie, veille et prospective, pour les chambres d’Auvergne. Un observatoire dont la matière première réside dans les données du RGA 2010 retraitées pour une approche non plus par Otex (orientations technico-économiques, soit par productions) mais par systèmes.

“On chausse des lunettes différentes”

“La typologie par Otex utilisée pour le rendu du recensement fonctionne bien mais ne va pas très loin dans l’analyse des systèmes. Par exemple, cela va donner le nombre d’exploitations en bovins lait, bovins viande ou bovins mixtes dans le département, sans plus de détails. Alors qu’avec Inosys, on s’intéresse aux bovins lait spécialisés, avec ou sans maïs, avec étable entravée ou stabulation libre,...”, détaille Mathilde Bonestebe. “On chausse des lunettes différentes, abonde Sean Healy, responsable du service statistiques de la Draaf (Srise), avec lequel la chambre régionale a travaillé en étroite collaboration. Ce sont deux approches complémentaires et Inosys nous permet de nous poser des questions : par exemple, avec les Otex, on considère que les élevages cantaliens sont de plus en plus spécialisés, alors qu’Inosys montre que finalement, les élevages mixtes résistent bien.” Ainsi, ce sont pas moins de 50 systèmes agricoles différents qui ont été identifiés et quantifiés dans le Cantal (70 en Auvergne) à l’issue de ce travail qui a associé en amont des experts des OPA, de la DDAF... au choix de critères distinctifs pertinents. Pour quelle utilisation ? “Il s’agit d’avoir une meilleure connaissance de la diversité des systèmes d’exploitation, de positionner les systèmes que l’on suit au niveau du réseau Références et de définir le nombre d’exploitations dont nos cas types sont représentatifs. Ces résultats, qui font l’objet de restitutions orales comme celle d’aujourd’hui,  pourront aussi être valorisés dans le  cadre d’analyses prospectives ou thématiques, expose la chargée de mission. D’ores et déjà, un travail sur la caractérisation des circuits courts a été initié au niveau auvergnat.” Et au-delà de la photographie aux pixels grossis que propose Inosys, on peut facilement imaginer, à l’heure d’un plaidoyer pro-élevage herbager auprès de Paris et Bruxelles, tout l’intérêt pour la profession de disposer de cette grille d’analyses de la ferme Cantal.   
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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