Des Etats généraux pour « relever les défis » (Edouard Philippe)

Anne Sophie LESAGE

Des Etats généraux pour « relever les défis » (Edouard Philippe)

Ce jeudi, Edouard Philippe, Premier ministre a inauguré les Etats généraux de l’alimentation. Contrairement a ce qui avait été annoncé, cette journée inaugurale se déroulera sans la présence du Président de la République, qui devait prononcer le discours de clôture.

Edouard Philippe, Premier ministre a donné le ton et le cadre des prochains travaux qui devraient durer près de 5 mois. Concernant les difficultés de l'agriculture, « certains les qualifieraient de faiblesses. Je préfère le mot de défis. Une faiblesse, ça se constate, ça se déplore, ça se compense. Un défi, ça se relève » a déclaré le Premier ministre. Dans la salle, 500 participants représentant l’ensemble des maillons de la chaine alimentaire. 

Concernant la juste répartition de la valeur des produits entre producteurs et distributeurs notamment, « je ne suis pas là pour désigner des coupables, mais pour trouver des solutions. Pas des solutions de court terme en attendant la prochaine crise, mais des solutions pérennes, dans le cadre de relations commerciales normales. L'Etat ne peut pas et ne doit pas se substituer au marché », a-t-il indiqué.

Fixer un cadre

Pour ces Etats généraux, quatre objectifs ont été identifiés par le Premier ministre : « fixer un cadre clair fixe et commun » notamment sur le sujet de la répartition de la valeur, qui fera l’objet des premiers ateliers des Etats généraux, « réconcilier agriculture et environnement » même si « s’adapter ça n’est pas simple » en soulignant le sujet épineux des pesticides, et enfin, « faciliter l’accès pour tous à une alimentation saine et de qualité » car « aider les français à réapprendre à bien manger c’est une question de santé public. »

Front commun

Edouard Philippe a conseillé aux filières alimentaires de faire front commun face à un marché. Il les a invité à « supprimer les boîtes noires et autres angles morts qui suscitent inutilement la méfiance », alors que, « bien souvent, il n'y a d'ailleurs rien à cacher ! ».

Enfin, le Premier ministre a voulu rappeler leur responsabilité aux parties prenantes « l'Etat est une partie prenante parmi d'autres. Une partie éminente, incontournable, mais une partie parmi d'autres. » Il insiste « nous avons intérêt à travailler ensemble. » 

Seul présents : Travert, Hulot et Philippe

Contrairement a ce qui avait été annoncé, cette journée inaugurale se déroulera sans la présence du Président de la République, qui devait prononcer le discours de clôture. L'Elysée a fait valoir des raisons « logistiques et d'organisation », le président étant retenu sur une base militaire à Istres, au lendemain de la démission fracassante du chef d'Etat-major des armées, le général Pierre de Villiers. Il prendra la parole dans le cadre de ces Etats généraux au mois d'octobre, lors de la clôture du thème sur la création et répartition de la valeur. D'autres ministres annoncés ont également fait défection: Agnès Buzyn (Santé) a été remplacée par le directeur général de la Santé Benoit Vallet et Bruno Le Maire (Economie) cédera la place à son secrétaire d'Etat, Benjamin Griveaux, en fin de journée.

Les deux présents, Stéphane Travert ministre de l'Agriculture et Nicolas Hulot ministre de la Transition écologique et solidaire sont aussi les plus intéressés par le sujet, défendant des points de vue qui peuvent paraître antagonistes. Ensemble ils veulent véhiculer une « intelligence collective » avec un objectif commun à l'issue de ces Etats généraux « de prendre des décisions politiques tranchées et assumées.»

Retrouvez notre dossier complet ici.

Source Avec AFP

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Commentaires 3

Pecno & Co

Revenir à un marché libre et rémunérateur sous la mondialisation nécessiterait. d'aller voir les Suisses.
il y a tellement de contradictions dans notre époque que le dirigisme ou l'aide ciblée a de belles années devant elle.
l'autre formule sera des mesures dirigistes qu'il ne sera pas facile à faire passer.
Prix bas sans OGM, sans pesticides, sans transports avec des intervenant qui ne savent pas ce qu'est l'agronomie et l'élevage sauf sur le papier et à la télé spectacle, l'escalade va être dure.
Jr sort mon mouchoir et vous souhaite BONS-Vents quand même!

fred

La France qui a voulu s'inscrire dans la mondialisation, dans une europe américaine, par ses états généraux veut nous faire croire qu'elle veut rompre avec une économie capitaliste dont l'objet est l'exploitation des hommes jusqu'à la moelle et éviter la révolte des sans dents. Une France qui ne voit pas venir l'hégémonie chinoise.
Une France qui se veut parmi les agricultures les plus performantes mais qui accepte que des faucheurs, des ong agissent en voyou, brisant cette performance par des arguments fallacieux; une France qui accepte la tyrannie des réseaux sociaux. pas de nitrates mais le meunier ou le marché international trouve que le blé n'a pas assez de protéines. Edith Cresson en son temps avait fait aussi des états généraux.

alain89

déjà, l'état annonce la couleur, il ne peut rien faire à part compliquer encore l'agriculture.
Agriculture, une économie faussée, faussée par la grande distribution qui masque ses marges par des sociétés écran, faussée par les agriculteurs qui veulent toujours plus d'hectares mais qui trichent parce que le père retraité travaille encore devant le surcroit de travail sans charges sociales, faussée par quelques ong qui savent mettre le discrédit sur l'agriculture avec des arguments non objectifs non scientifiques, faussée par des citoyens nantis qui veulent du bio mais qu'ils trouvent trop onéreux, faussée par le véritable coûts des circuits courts, faussée par une europe qui ne cherche pas le bonheur des peuples mais le royaume de l'argent

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