Des jeunes agriculteurs cantaliens entre deux défis

P. OLIVIERI

Fidèles à leur réputation d'aiguillon de la profession, des filières et pouvoirs publics, les JA du Cantal ont dressé l'inventaire des chantiers encore en souffrance.

Moment attendu par les uns, redouté pour les autres, les interventions des équipes cantonales des Jeunes agriculteurs (JA) constituent le temps fort de chaque congrès du syndicalisme jeune cantalien et un bon baromètre des sujets de préoccupations du monde agricole en général. Impertinentes, humoristiques ou plus graves, celles de l'édition 2009 ont eu trois dénominateurs communs sur lesquels la température a eu l'occasion de grimper ces derniers mois : le bilan de santé de la Pac, le dossier des AOC fromagères et, sans surprise, la situation sanitaire et commerciale liée à la fièvre catarrhale ovine (voir ci-dessous). À travers un exercice de linguistique qu'ils affectionnent, les jeunes du canton de Saint-Flour nord ont lancé le bal pour déplorer que de longs mois de négociation n'aient abouti sur la valorisation du lait destiné aux AOC d'Auvergne qu'à “un accord bancal et insatisfaisant”.

Scepticisme

Une première salve en direction des entreprises de transformation suivie de celle de La Roquebrou dénonçant “le chantage à l'arrêt de collecte orchestré auprès des producteurs” ou “l'encouragement à l'opportunisme” de la part de transformateurs soucieux de préserver des litrages suffisants. Des pratiques qui pour ces jeunes “en disent long sur la réelle volonté des outils de collecte et de transformation” et sur lesquelles Jean-François Navarro (membre du Comité interprofessionnel des fromages, le Cif) a mis en garde : “Relisez bien votre cahier des charges, les contrôles vont arriver dans pas longtemps”. Et Michel Lacoste, président du Cif, d'inviter à son tour les producteurs à avoir un débat au sein de leurs structures pour éviter que l'engagement massif dans l'AOC cantal notamment - y compris de la part de ceux “qui savent pertinemment être hors des clous”- ne ramène la filière à ses vieux démons. Tout autant concerné par la problématique laitière, le canton de Montsalvy a lui préféré se faire l'écho d'inquiétudes persistantes de la part des jeunes éleveurs en quête d'une Pac privilégiant les hommes, dont les producteurs hors-sol, et non les hectares. Un bémol légitime, qui pour Julien Fau ne doit cependant pas ternir l'acquis historique obtenu en faveur de l'élevage à l'herbe et la production laitière en zones de montagne. Et le président départemental des JA de rappeler “à certains qui semblent parfois l'oublier” que ces 20 millions d'euros de plus par an pour le Cantal ne seront “pas sans conséquence sur les autres secteurs du département sans que cela coûte plus au contribuable.” Une fois n'est pas coutume, le préfet a lui félicité sans retenue les JA pour leur mobilisation et la “masse d'arguments considérables développés” qui ont permis le rééquilibrage des soutiens de la Pac.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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