Des producteurs de compétitivité

jean-philippe bouin

Forte participation au grand rendez-vous du syndicalisme majoritaire en Loire-Atlantique.
Forte participation au grand rendez-vous du syndicalisme majoritaire en Loire-Atlantique.

350 personnes étaient présentes à l’assemblée générale de la FNSEA 44 ce mercredi.

Mercredi soir, 23h45, à la salle Horizinc de Bouvron. Le président de la FNSEA 44, Alain Bernier, termine son discours devant les 350 invités adhérents présents. Il vient d’expliquer pour qui il allait voter et pourquoi il fallait voter… « Je vais voter pour la candidate ou le candidat qui affirmera que l’agriculture est une chance pour l’économie de notre pays. L’agriculture à  elle seule représente plus que l’industrie automobile. Tout cela se traduit par de nombreux em­plois, non délocalisables. La filière agricole et agroalimentaire mobilise près de 14 % de la population active. Plus d’un million de personnes travaillent dans les exploitations agricoles ». Un président  de la FNSEA 44 qui donne une consigne de vote ce n’est pas commun. « Je voterai pour le ou la candidate qui n’oppose pas exportations et circuits courts, innovation et environnement, agriculture bio et conventionnelle, avenir et nostalgie. Un élu qui ose remettre les termes de production, d’acte de production, et les notions de compétitivité au cœur de son programme. Ce candidat, je vous l’annonce tout net : ce sont ceux qui constitueront la liste des agricultrices et des agriculteurs qui défendront les couleurs de la FNSEA 44 et des JA lors des prochaines élections cham­bre d’agriculture de 2013. » L’éleveur de Missillac parlait donc autant des élections présidentielles que du programme qu’il compte débattre dans les communes et les cantons, avec ses collègues, dans le cadre des élections chambre d’agriculture. « Je voterai pour la liste qui soutiendra l’acte de production, la compétitivité de nos entreprises, la qualité de vie des exploitants. »

Les concurrents sont à nos portes !

Des orientations que Xavier Beulin, s’il était de Loire-Atlantique, ferait siennes. L’invité national a distillé d’abord en huis clos devant les adhérents, puis devant les invités, ses projets pour l’agriculture française.
« Nous devons être ambitieux pour notre agriculture. Nous devons être fiers de contribuer à l’économie agricole et rappeler que nous avons besoin de toutes les agricultures. » Sujet majeur pour la FNSEA, celui de la compétitivité de l’agriculture française. « Les compétiteurs agricoles sont actuellement à nos portes », prévient Xavier Beulin. « Les Espagnols, les Allemands, les pays nouveaux entrants. Ce ne sont plus des pays comme le Brésil… C’est en Europe que les distorsions de concurrence prennent toute leur dimension. Il y a d’abord le coût du travail à rendre  plus compétitif. Seule la FNSEA a plaidé pour la TVA sociale ! », regrette, par exemple, le président de la FNSEA à l’attention des élus et des autres centrales patronales.

Non à l’écologie punitive

Le président national était aussi attendu sur les con­traintes environnementales, thème cher, avec celui de la compétitivité, entendu lors des quatorze interventions qui ont agrémenté l’assemblée générale. « 90 000 ha ont été retirés de la production en France. Un département disparaît de la sphère agricole tous les six ans. Il ne faut donc pas en rajouter sur le volet environnement », tempête le leader national. Autre point cher aux délégués cantonaux de la FNSEA 44 également, la question des normes. « Pourquoi être plus zélé que la moyenne européenne. Nous voulons juste nous mettre au niveau de nos voisins sur le sujet des installations  classées, des normes environnementales. Sinon, on fera le triste constat que nos concurrents nous dépassent sans cesse en terme de compétitivité », explique encore l’agriculteur du Loiret. Ce dernier regrette le maquis entre les différents zonages. « Un maquis incompréhensible et contre performant y compris en matière environnementale. Nous refusons l’écologie punitive. Nous re­ven­diquons une écologie responsable, concertée et raisonnée. » Raisonnée car selon la FNSEA, il faut réinjecter de la connaissance technique en matière d’environnement. « On impose, on contrôle mais on n’évalue pas. Nous avons demandé au préfet de reprendre autorité sur les Dreal qui s’affranchissent des avis agricoles et des autres administrations. On va faire des « Dreal parties ». On va rencontrer les Dreal dans les régions ». Reste à définir la forme de la rencontre.

Le temps de la PAC

L’éleveur céréalier du Loiret était aussi attendu sur le volet de la PAC dans un département d’élevage comme la Loire-Atlantique. « En matière de PAC et compte tenu des élections présidentielles, la France ira jusqu’au maximum permis par le recouplage des aides. Mais avec un retour pour quelle production ?  Viande bovine de manière évidente, ovins… » La question reste ouverte au sein de la centrale paysanne. Les éleveurs du département, emmené par Mickaël Trichet, vice-président de la FNSEA 44, attendent beaucoup de ce volet. Quand à la convergence des aides, Xavier Beulin rappelle qu’ il est urgent de prendre le temps en trouvant des alliances avec d’autres pays. « 40 % de convergence, rapidement comme le souhaite la commission, la FNSEA ne l’acceptera jamais ! »
Ni fataliste, ni pessimiste, Xavier Beulin porte donc un projet ambitieux pour la FNSEA à condition de déverrouiller certaines contraintes. Tout un programme politique auquel les quelque 400 participants de mercredi soir ont apporté leur voix !

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