Des retraités qui ne veulent plus être la cinquième roue du carrosse

Patricia OLIVIERI

Les sections retraités des syndicats salariés appellent à un rassemblement le 25 novembre sur la question de la dépendance et du pouvoir d'achat des seniors.

Jean-Claude Mollard a dû tempêter mardi soir devant son écran de télévision. À peine plus de 24 heures après une conférence de presse tenue à Aurillac par les sections retraités CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa et la FGR-FR (Fédération générale des retraités de la fonction publique), le chef de l'État a en effet donné une actualité immédiate aux craintes de cette intersyndicale en matière de prise en charge du cinquième risque, c'est-à-dire de la dépendance des personnes âgées. “Ils veulent diviser par deux l'Apa (allocation personnalisée d'autonomie) et la conditionner. Seuls bénéficieraient du taux plein ceux dont l'Apa serait assurée par un recours sur succession, s'emportait déjà mardi le secrétaire adjoint de l'USR-CGT. Ils veulent aussi supprimer des bénéficiaires les personnes classées Gir 4” (NDLR : le premier degré de perte d'autonomie dans le classement retenu pour l'Apa).

Un cinquième risque chèrement assuré

Conséquence selon la CGT : chaque Français va devoir souscrire une assurance privée pour ce risque lié à l'allongement de la durée de vie. Ce que ne peut admettre l'intersyndicale : “Le but du gouvernement, c'est de faire du fric sur les retraites, la santé...”, renchérit J.-C. Mollard qui prône l'instauration d'une cotisation “dépendance” salariale et patronale “de la même manière que nos anciens ont été capables de mettre en place une assurance publique maladie et chômage”. Cette revendication sera au coeur de la journée de mobilisation nationale le jeudi 25 novembre, tout comme celle portant sur le pouvoir d'achat des retraités. Un pouvoir d'achat sérieusement rogné selon l'intersyndicale depuis 1993, puisque depuis la réforme Balladur, le niveau moyen de pensions aurait perdu 20 %. Et qui pourrait encore s'étioler selon Michel Trin, secrétaire de l'USR CGT, du fait d'une indexation des pensions sur l'inflation et non sur les salaires et du projet gouvernemental d'appliquer aux retraités imposables le même taux de CSG que celui des actifs soit 7,5 % au lieu de 6,6 % (et 3,5 % pour les non imposables) et de les soumettre à la cotisation solidarité autonomie. Sans compter, fustigent les syndicats, des charges de santé croissantes “liées au désengagement de l'État et de la Sécurité sociale”. Inconcevable pour ces militants, qui, bien que conscients de la difficulté à mobiliser le public des retraités pourtant très présent dans le conflit des retraites, ne voit pour l'heure guère d'autres leviers pour se faire entendre.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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