Des salers sans corne mais avec le plein de qualités raciales

Patricia Olivieri

Des salers sans corne mais avec le plein de qualités raciales
Indianna, sacrée championne polled inter-races au Simagena 2015, porte de Villepinte. - P.O

Les index de Joker, un des deux taureaux salers homozygotes sans corne, dépasse toutes les espérances du GIE et démontrent le potentiel génétique de ces animaux.

110 d’index sevrage, 106 de facilité de naissance, 109 pour la croissance au sevrage, 103 de développement musculaire et 109 de développement squelettique : les amateurs de génétique salers apprécieront le potentiel conféré par ce taureau né voilà un peu plus de six ans au pays des Highlands. Une indexation Iboval confortée par sa descendance qui comprend pas moins de 468 produits, ainsi que 150 petits-fils ou filles. Une descendance essaimée au sein de pas moins de neuf élevages français mais aussi, via la vente de doses depuis deux ans, en République tchèque, Irlande, Suisse, Nouvelle-Zélande,... Autant de pays demandeurs d’animaux sans corne. Précision, Joker est en effet un des deux taureaux “polled” homozygotes - avec Calligan - sélectionnés par le GIE polled excellence.

Fidèles aux fondamentaux raciaux

Les performances et qualités de Joker sont la preuve pour les éleveurs fondateurs de ce GIE que les reproducteurs sans corne ont aujourd’hui toute leur place dans la palette proposée sur le marché en dépit des critiques, rumeurs et du scepticisme dont ils ont été, et  sont toujours, l’objet. “Notre objectif était d’implanter le gène sans corne pour répondre à une demande existante, rappelle François Nolorgues, administrateur gérant du GIE. On considère qu’il y a de la place pour tout le monde, avec ou sans corne. Nous n’avons pas l’ambition de tout révolutionner et on n’impose rien à personne mais on veut être leader sur ce créneau en faisant en sorte que ce programme soit mené par des sélectionneurs français en restant sur les fondamentaux raciaux.” Ce qui était loin d’être acquis :  pour démarrer leur  programme, les membres du GIE ont importé des embryons du Canada, sachant que les cinq lignées de salers polled identifiées au Canada (3), en Écosse (1) et en Suisse (1) contiennent quasiment toutes une origine française. “On y retrouve notamment beaucoup de France, de Farouk, de Calvet, Bonal, de Gitan...”, énumère François Nolorgues. Aujourd’hui, les 30 élevages adhérents du GIE, répartis dans pas moins de 14 départements français(1), assurant ainsi une diversité génétique, de pratiques et milieux, bénéficient gracieusement, contre leur adhésion, des doses de Joker et Calligan, un taureau de cinq ans, né en Suisse d’une mère danoise. “Notre schéma de sélection ne vise pas à recréer tout de suite un homozygote, expose Lionel Monier, éleveur sélectionneur sur Labesserrette et membre actif du GIE. On veut remettre du cornu pour diversifier au maximum les lignées françaises en restant avant tout atta- chés aux fondamentaux raciaux. Ça a l’air de bien fonctionner avec des éleveurs adhérents qui travaillent déjà avec des fils de Joker, et des petits-fils déjà recensés. Dans deux ou trois ans, on peut imaginer des descendants de Joker aux pedigree desquels ce dernier n’apparaîtra plus.” Dans l’immédiat, le GIE propose des mâles reproducteurs à la vente en France. Illustration de cette rigueur et fidélité aux critères de la race : le minimum requis des adhérents est la VA4 (pesées Bovins croissance) et “on encourage nos adhérents à adhérer au herd-book, ce qu’ils sont quasiment déjà tous”.

Reconnaissance sur les rings

Si Joker fait la fierté de ses co-propriétaires et si Calligan(2) pourrait prendre le même chemin, la consécration est aussi venue des rings du dernier Space où la race acajou était à l’honneur. Trois animaux polled étaient en concours à Rennes dans les catégories bourrettes et bourrets. Les femelles ont fini deuxième et troisième de leur section et obtenu un titre de meilleur espoir femelle (pour Indy), le mâle, Hussard, a lui aussi été  élu  meilleur  espoir. Dernière distinction en date - et pas des moindres - au Simagena 2015 où seuls des salers polled concourraient : Indianna, au GIE polled excellence, rafle le très courtisé prix interbreed (inter-races) en s’imposant devant les quatre championnes charolaise, limousine, aubrac et blonde d’Aquitaine. Un prix remis par le président du HBS, Lionel Duffayet. L’occasion pour François Nolorgues de rappeler que le GIE polled excellence est membre de l’OS dans le cadre “d’une démarche constructive et transparente”.“Au Simagena, nous avons pas mal de remarques sur la qualité et la précocité de nos animaux, sur leur précocité sexuelle”, avancent les responsables du groupement polled qui mettent aussi en avant les aptitudes laitières des femelles. Autant de performances qui récompensent aujourd’hui le travail collectif conduit depuis cinq ans par le GIE “dans une logique avant tout économique”.

(1) Aveyron, Cantal, Puy-de-Dôme, Corrèze, Vendée, Sarthe, Aisne, Seine-Maritime, Haute-Saône, Calvados, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Nièvre, Mayenne.

(2) Les premiers veaux issus de Calligan sont nés par monte naturelle dans la Sarthe. Les premiers produits issus d’IA sont attendus pour le mois d’août.

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