“Des solutions immédiates, ils n’en ont pas...”

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

“Des solutions immédiates, ils n’en ont pas...”
Le collectif a rassemblé près de 320 agriculteurs, bien décidés à rester mobiliser.

RATS TAUPIERS Plus de 300 éleveurs mobilisés mercredi à Marcenat à l’appel du collectif pour réclamer leur éradication.

“Ce qu’on attend, ce n’est pas du pognon, mais un produit vraiment efficace pour éradiquer les rats. Les pansements, on en a ras-le-bol” : Claude, éleveur de vaches allaitantes sur Marcenat et Landeyrat contraint de décapitaliser la moitié de son cheptel, résume le sentiment général qui prévaut ce mercredi matin dans les rangs des 320 agriculteurs rassemblés devant la salle polyvalente du Marcenat à l’appel du collectif constitué voilà deux mois contre ce fléau. Objet de cette mobilisation : maintenir la pression tandis que se tient à l’intérieur une réunion de travail organisée par les pouvoirs publics avec l’ensemble des parties prenantes de ce dossier : sous-préfet de Saint-Flour, administrations, profession agricole, GDS, Fredon, Agence régionale de santé, Inra... et 20 membres du collectif. Dehors, l’exaspération se lit sur les visages des paysans venus du Cantal mais aussi du Puy-de-Dôme et de l’Aveyron, qui ont la très désagréable sensation qu’entre l’animal et l’éleveur, la balance penche depuis trop longtemps du côté du rongeur. “Les solutions, ils les ont mais ils refusent de les mettre en place”, estime pour sa part un jeune éleveur, convaincu, comme beaucoup, qu’un virus déjà éprouvé permettrait de faire disparaître le ravageur. 

 

Du court terme

Convaincu aussi qu’on leur cache beaucoup de choses : à commencer par le résultat des analyses réalisées dans les captages d’eau destinés à l’alimentation humaine. Une eau devenue selon eux impropre à la consommation, y compris celle des vaches. Une préoccupation que partagent les maires venus soutenir les éleveurs et décidés à décliner toute responsabilité en cas de problème sanitaire. 
Au bout de trois interminables heures d’attente, après que la quarantaine d’intervenants est sortie sous bonne escorte, les représentants du collectif sont venus rendre compte des discussions. “On a évoqué la détresse sur les stocks fourragers, on nous a ouvert des portes qui peuvent nous aider, a fait état Gilles Clavel. Ils se sont engagés à nous proposer des services financiers pour faire manger nos bêtes. Il faudra se rapprocher de votre chambre d’agriculture.”
Voilà pour le court terme, pour le long terme, les porte-paroles du collectif ont reconnu : “Des solutions immédiates, ils n’en ont pas. On a soulevé des solutions qui ont existé, fait leur preuve. Ils vont, on va, y réfléchir. Dans un mois, on va se retrouver en groupe de travail pour finaliser cette piste, trouver des fonds pour la recherche stoppée depuis 2012 faute de moyens.” Une recherche qui en aucun cas ne s’orientera vers une éradication de l’espèce comme le réclame le collectif. “Pour l’instant, il n’y a pas de réelles solutions, je suis désolé, mais on se heurte à toutes sortes d’éthiques, de déontologies”, a admis au micro Philippe Rosseel. 
“On nous a dit que le rat est un mammifère trop proche de l’homme pour inoculer un virus ou une bactérie. Eux parlent de moyens naturels pour maintenir la population sous un seuil de 10 %. On n’a rien obtenu, on veut nous mettre sous perfusion financière”, se désole un autre représentant du collectif. Dans l’assistance, la déception est palpable. Et tandis que le rassemblement se dissout progressivement, les porte-paroles invitent à rester mobiliser notamment en poursuivant le blocage des contrôles terrain. 

P. Olivieri

 

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