Développer la filière lait de chèvre : Les ambitions aveyronnaises

Didier BOUVILLE

Développer la filière lait de chèvre : Les ambitions aveyronnaises

La France doit importer du lait de chèvre pour répondre à un marché national très porteur. L'Aveyron a de formidables atouts pour développer cette filière. La profession agricole veut doubler le nombre de producteurs en moins de dix ans. Un pari ambitieux et réaliste.

«La France importe 28 % du lait de chèvre d'Espagne ou des Pays-Bas. C'est trop et incohérent vu le coût de l'énergie et le potentiel de nos régions d'élevage, dont l'Aveyron» résume Jacky Salingardes, chevrier aveyronnais réélu récemment président de la Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres (FNEC). Le Rouergue doit en effet se positionner rapidement. Les bassins de production dits traditionnels, du Grand-Ouest et des Deux-Sèvres, ont réduit leur cheptel pour s'orienter vers la culture de céréales... «Un exemple, les Deux-Sèvres ont installé deux jeunes agriculteurs en 2007, alors que l'Aveyron en accueillait 18 !» ajoute Jacky Salingardes.
Après une vague d'installations en 2002, notre département veut saisir de nouvelles opportunités sur un marché demandeur, tiré par des prix valorisés de 14 % cette année, et ce n'est sans doute pas fini.
La production de lait de chèvre en Aveyron a été multipliée par trois depuis 1995 pour atteindre aujourd'hui 26 millions de litres. En sept ans, l'Aveyron a créé pas moins de 65 ateliers. La filière est actuellement forte de 157 producteurs dans le département. La profession agricole se fixe aujourd'hui comme objectif d'atteindre entre 50 et 100% de production en plus pour 2015.

Clignotants au vert

Jean Laurens, président de la Chambre d'Agriculture, Dominique Barrau, président de la FDSEA et Cécile Eydoux, responsable du nouveau groupe Caprins des JA, se sont rendus la semaine dernière sur l'exploitation de Frédéric Carrière, jeune éleveur installé à Griffoulet sur la commune de Moyrazès. «Tous les clignotants de la filière caprine sont au vert» estime Jean Laurens. «L'Aveyron a un potentiel énorme pour dynamiser toutes les filières laitières et maintenir une agriculture familiale dégageant du revenu pour les «trois laits». Nous avons cinq techniciens caprins qui sont au service de la technicité des producteurs de lait de chèvre. La production croît de 25 litres par chèvre et par an dans l'Aveyron, avec une moyenne de 800 litres par troupeau, ce qui nous place au premier rang national» ajoute le président de la Chambre d'Agriculture.

Dynamique

Jacky Salingardes, par ailleurs responsable des producteurs aveyronnais qui livrent à Lactalis, affirme que l'industriel «pourrait prendre 30 producteurs aujourd'hui». Le prix du lait de chèvre est sur une vague dynamique, avec une hausse de 70 euros cette année pour 1 000 litres. «Les industriels prennent enfin conscience du prix».
La politique de produits est évidemment soutenue par Dominique Barrau qui souligne la bonne image de la transformation du lait de chèvre, et son «équité» entre les productions fermières et industrielles. Il a loué l'action menée par Jacky Salingardes, «un travail qui est reconnu à Paris» a indiqué le secrétaire général de la FNSEA. L'Aveyron, l'un des rares départements producteurs des trois laits, a une formidable carte à jouer pour mettre en valeur ses élevages. La profession a en projet l'organisation d'un événement professionnel sur ce thème a rappelé Dominique Barrau.

Source La Volonté Paysanne

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