Distribution : la boucherie est la plus coûteuse

Distribution : la boucherie est la plus coûteuse

Selon un rapport présenté mardi au ministère de l’Agriculture, le rayon boucherie coûte plus qu'il ne rapporte mais la volaille s'avère des plus rentables pour la grande distribution. Des résultats qui mettent en lumière une grande disparité des marges.

Les Chambres d'agriculture accusent les distributeurs

Suite à la publication de ce rapport, les Chambres d’agriculture ont estimé que les marges très faibles et même négatives sur certains rayons alimentaires témoignent d’une « destruction de valeur ».

Si elles saluent toutefois la transparence des travaux de l’économiste Philippe Chalmin, les Chambres s’inquiètent des résultats, avec des marges négatives ou proches de zéro en boucherie et fruits et légumes. "Les distributeurs jouent-ils aux apprentis sorciers en sacrifiant la valeur de la production agricole au profit d'importations ou de promotions excessives ?" s’interrogent-elles. "En fruits et légumes et viande, ils démontrent que la concurrence exacerbée entre enseignes conduit à une destruction de valeur sur toute la chaîne de production", jugent les responsables dans un communiqué. Pour ces produits, "à aucun stade les marges ne permettent d'encaisser des fluctuations de coûts ni de construire l'avenir".

Guy Vasseur, le président des Chambres explique que "les chiffres fournis par l'Observatoire traduisent une véritable impasse économique". "C'est l'ensemble du modèle économique et de la répartition de la valeur ajoutée de ces filières qui serait à revoir", estime-t-il.

L'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, qui rendait son deuxième rapport depuis sa création en 2010 (le dernier date de juin 2011) dans un contexte de forte hausse des prix, a voulu distinguer la marge brute de la marge nette des distributeurs en intégrant, en plus du coût d'achat des produits, les frais engagés en personnels, maintien des rayons et foncier notamment.

La marge nette ainsi dégagée par le rayon boucherie apparaît négative : vendre de la viande désossée, découpée, emballée, coûte 1,9 euro au super ou hypermarché, pour 100 euros de chiffre d'affaires. A l'inverse, le rayon volaille, majoritairement en libre-service et rarement transformée en magasin (sauf rôtisserie) apporte une marge nette de 5,9 euros pour 100 de chiffre d'affaires, la plus élevée des cinq rayons étudiés - avec la charcuterie (5,1 euros), les produits laitiers (1,9 euro) ainsi que les fruits et légumes (0,60 euro). Ce travail se fonde sur les déclarations de sept enseignes de la grande distribution (Carrefour, Casino, Leclerc, Auchan, Intermarché, Système U, Cora) représentant des points de vente intégrés et d'autres indépendants et qui ont accepté de partager des informations détaillées sur leurs rayons frais.

Pour l'économiste Philippe Chalmain, président de l'Observatoire, la mise en lumière de cette très inégale rentabilité d'un rayon à l'autre devrait faciliter la négociation contractuelle entre les producteurs agricoles et la distribution. "Nous partons avec un tel capital de défiance les uns envers les autres, ça devrait permettre aux gens de se parler", a-t-il estimé. Le ministre de l'Agriculure Stéphane Le Foll a d'ailleurs invité l'ensemble des acteurs le 21 novembre à débattre en table-ronde des relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs. "Le fait que chacun ait approuvé les conclusions du rapport, à l'unanimité, n'empêchera pas la discussion", a-t-il admis.

Source AFP

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