Diversification : pourquoi pas vous ? : Il faut penser à la vente directe... »

Carole de Boyer d'Eguilles, JA Mag, Mai 2009

Diversification : pourquoi pas vous ? : Il faut penser à la vente directe... »

Témoignage d'Isabelle Girodeau, 40 ans, installée dans les Pyrénées-Orientales en entreprise individuelle depuis janvier 2008.

« Originaire de Touraine, lorsque j'ai emménagé dans les Pyrénées-Orientales, je voulais me lancer dans la viticulture, mais quand j'ai regardé les prix des vignes, je me suis aperçue qu'elles étaient inabordables ! C'est en travaillant dans l'urbanisme, entre deux marchés publics que j'ai découvert les oliviers. J'ai alors commencé à acheter de vieux oliviers pour les restructurer, et des terrains en friche pour planter de jeunes oliviers.

C'était, il y a dix ans. Avant de m'installer en janvier 2008, j'ai donc été cotisante solidaire. Mon projet s'est construit au fur et à mesure. Mais dès le départ, j'ai souhaité m'installer et me diversifier parce que j'en avais envie et qu'économiquement, c'était nécessaire pour faire vivre ma famille. Je n'ai que 10 ha. J'ai donc ouvert une boutique où je vends du citron confit, des confitures d'oranges amères (ndlr : l'exploitation compte aussi une quarantaine d'arbres fruitiers), des huiles d'olives, des olives de bouche, du savon, de la barajade (tapenade sans anchois), de la confiture d'olives… J'élabore les recettes sur l'exploitation, et la transformation est réalisée par un centre d'aide par le travail. D'avril à juin et de septembre à décembre, la boutique est ouverte le vendredi et le samedi et tous les jours l'été.

Grâce à l'attestation de marchand ambulant de la Chambre d'agriculture, je vends aussi sur les marchés et foires. Toutes ses activités rentrant dans le bénéfice agricole. Il faut vraiment penser à la vente directe. J'avais commencé à travailler avec des boutiques, mais la gestion était compliquée et surtout mes marges étaient rognées ! Pour créer deux chambres d'hôtes, nous avons transformé une vieille bergerie. Là aussi, les investissements se sont faits au fil du temps pour un démarrage effectif en juillet 2008. Pour cette activité, la comptabilité doit être séparée, mais je déclare les revenus en micro-Bic sur ma feuille d'impôts. Côté com', outre notre site Internet, j'ai décidé d'adhérer à des labels et organismes : Bienvenue à la ferme, au Civam bio, au Syndicat départemental des oléiculteurs du Roussillon, à Sud de France, à la Fédération du tourisme de terroir avec lesquels nous organisons des apéritifs de terroir et à Délice des fermes catalanes, qui regroupe dix productrices qui font des paniers pour les CE et les collectivités.

Sur un plan économique, cela nous permet d'accéder à un mode de com' à moindre coût. Un petit conseil pour celles et ceux qui veulent s'installer en diversification avec le système DJA, il ne faut jamais baisser les bras et bien suivre son dossier à la loupe, car les partenaires ne communiquent pas toujours entre eux.«

Source Ja Mag

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