Dominique Fayel, président de la FDSEA : Pour un «new deal» agricole

Dominique FAYEL

Dominique Fayel, président de la FDSEA : Pour un «new deal» agricole

Michel Barnier vient d'annoncer, dans le détail, des mesures liées au bilan de santé de la PAC. Quelle autre catégorie professionnelle, quel autre syndicat, aurait accepté que soient remis en cause les «acquis» des uns pour en conforter d'autres ?« , s'interroge Dominique Fayel.

« La force de la FNSEA tient à ce qu'il n'y a pas eu de compromis au détriment du sens. Bien sûr, nous avions plus d'ambition pour l'herbe, les actifs, l'ICHN : il reste donc un petit goût d'inachevé. Mais ces orientations légitiment et donc confortent, chez les agriculteurs comme dans la société, le principe même d'une politique agricole commune. Ce n'est pas sans importance à la veille de la discussion budgétaire de 2011 et de la prochaine étape de 2013.
Ne perdons pas de vue que ce qui n'est que la version française du bilan de santé s'inscrit dans un cadre général qui reste inchangé, du moins pour l'heure, tant du côté de la Commission européenne, que d'une majorité d'états membres. Depuis 1986 et l'entrée de l'agriculture dans le GATT, toutes les réformes de la PAC (1992, 1999, 2003, 2008) s'inscrivent dans la parfaite continuité d'une politique de libéralisation des marchés agricoles. Il reste encore aujourd'hui les aides et les tarifs douaniers sur la table des discussions à l'OMC. Au-delà d'une réorientation des aides, le véritable enjeu réside dans un changement profond de cap, de logiciel idéologique, de la part des autorités européennes.

Remises en question

La triple crise, alimentaire, financière, économique, d'ampleur planétaire autorise désormais les remises en question. Des choix sont possibles. Le choix d'une économie basée sur la production plutôt que sur la finance. Le choix du développement plutôt que de l'optimisation des capitaux. Le choix d'une concurrence entre grandes zones compatibles plutôt que de l'ouverture totale des marchés. Le choix de conforter les agricultures locales pour sécuriser les besoins alimentaires. Le choix de la régulation, de la gestion des marchés agricoles.
Avec beaucoup de pudeur et de timidité le G8 agricole évoque la création de stocks alimentaires : la réalité commence enfin à ébranler les dogmes.
L'Europe ne pourra se tenir à l'écart du défi alimentaire des prochaines décennies. Ce défi mobilisera comme jamais auparavant l'innovation, l'organisation et surtout le savoir-faire des paysans. Mais seule une nouvelle orientation politique et une nouvelle doctrine agricole permettront aux paysans de vivre et de faire vivre le monde« .

Source La Volonté Paysanne

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