Doubs : Manque de munitions pour combattre la sournoise fièvre charbonneuse

DD (d'après AFP)

La fièvre charbonneuse, décelée dans 21 élevages bovins du Doubs, s'avère difficile à combattre parce qu'elle est malaisée à détecter mais aussi parce que les stocks de vaccins sont quasiment arrivés à épuisement au niveau national.

« L'une de mes vaches est morte d'un coup. Le matin, elle est venue nous voir comme si de rien n'était. Le soir, elle était tombée », se souvient Patrice Mercier, un éleveur qui en a perdu quatre. « Ce qui nous fait vraiment peur avec cette maladie, c'est qu'il n'y a aucun symptôme, regrette-t-il. La vache vient manger et boire. Elle est dynamique. Elle se fait caresser. Et quatre heures après, elle est morte. »

L'unique manière de détecter la fièvre charbonneuse est de prendre matin et soir la température des animaux, qui est normalement de 38,5°C. A 41°C, une bête contaminée conservera pourtant une attitude normale, par opposition à sa faiblesse manifeste si elle se trouve dans un état fiévreux plus classique.

Diagnostiquée à temps, la maladie se guérit facilement à l'aide de pénicilline. Dans une zone à risque, la vaccination, très efficace, est de rigueur. Mais la surface touchée dans le Haut-Doubs ne cesse de s'étendre. Plus de 10.000 bovins, sur une population de 200.000 dans l'ensemble du département, ont déjà été vaccinés, selon Daniel Prieur, président de la chambre départementale d'agriculture. Se pose alors le problème du vaccin. « Il n'y en a pratiquement plus. Comme la maladie est peu répandue en France, on en prévoit chaque année de faibles quantités », remarque Patrice Perrin, vétérinaire qui, en 35 années d'exercice, n'avait jamais rencontré le « charbon ».

Le ministère de l'Agriculture se veut plus rassurant. « Nos stocks diminuent, mais nous ne sommes pas en rupture », assure-t-on. Le laboratoire qui fabrique le vaccin en Amérique latine a été « sollicité pour faire un nouvel approvisionnement ».

Publié par DD (d'après AFP)

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier