Doux frais : un millier d'emplois menacés

S C avec AFP

Les cinq offres de reprise partielle de plusieurs sites du pôle frais du groupe volailler Doux ne préserveraient qu’environ 700 emplois sur les 1.700 du groupe.

Cinq offres et peut-être six ...

La coopérative Axereal a fait une offre sur le site de Clémont dans le Cher (aliments pour volailles). Glon Sanders, filiale de Sofiproteol, le conglomérat présidé Xavier Beulin, a pour sa part déposé conjointement avec Duc une offre sur trois sites situés en région Centre :  Clémont, Amilly (couvoir) et Boynes (abattoir de poulets). Duc  a par ailleurs fait une offre sur Sérent (Morbihan).

Le groupe LDC a précisé avoir déposé une offre de reprise totale de l'abattoir de Laval (Mayenne, 303 emplois). LDC propose également la reprise partielle du site de Sérent, portant sur 55 des 175 salariés. Enfin, le groupe finistérien Tallec a fait une offre sur l'abattoir de Sérent

Une sixième offre sur le site de Graincourt (Pas-de-Calais, 253 emplois), "pas recevable au sens juridique du terme en l'état" mais pouvant être améliorée, a été déposée pour le compte d'une société iranienne dont le nom n'a pas été précisé. "C'est une offre en germe qu'il faut creuser", a expliqué à l'AFP Mme Gautier.

En l'état, ces offres préserveraient entre 450 et 500 emplois, sans compter les 134 personnes reprises à l'abattoir de Pleucadeuc (Morbihan) dans le plan de continuation du groupe Doux, sur un total de 1.704 pour le pôle frais, selon Sophie Gautier, l'un des administrateurs judiciaires chargés du dossier Doux.

Les syndicats ont immédiatement crié au "massacre" pour FO, et, pour la CGT, au grand "dépeçage" d'un groupe volailler qui compte au total plus de 4.000 salariés. "Les LDC, Duc et autres font (...) leur marché pour s'accaparer ce qui les intéresse dans leur recherche de profits immédiats", a estimé la CGT.

Pour la déléguée centrale FO de Doux, Nadine Hourmant, "on ne prend pas en considération le volet social, tout ce qui intéresse les repreneurs, c'est les sites, même parmi ceux qui sont repris il y aura des licenciements, des plans de sauvegarde de l'emploi", a-t-elle regretté.

Le groupe Doux a pour sa part salué les "fortes marques d'intérêt" pour les sites concernés, tout en espérant que "les offres pourront être améliorées dans les prochains jours, notamment sur le volet social", a commenté un porte-parole.

A Blancafort (Cher), l'absence d'offre a fait l'effet d'une douche froide.  "Nous sommes les grands délaissés de la filière", a déploré Françoise Lavisse, déléguée syndicale CFTC. "Aujourd'hui, j'ai beaucoup de mépris pour Charles Doux, qui a toujours privilégié l'export et le surgelé en raison de l'argent que lui donnait Bruxelles".

Améliorer les offres sur les sites repris

Dans un communiqué commun, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll et le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot déclarent avoir pris "acte des offres déposées " et estiment  que "la mobilisation des acteurs du secteur, des collectivités et du gouvernement a permis d'éviter le pire."

"D'ici à l'audience qui déterminera l'avenir du pôle frais, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot continueront à tout mettre en oeuvre pour améliorer les offres sur les sites repris et pour trouver une solution pour les sites menacés de fermeture", poursuit le communiqué.

Le président du Conseil régional de Bretagne, Pierrick Massiot (PS), a lui aussi assuré que cette collectivité et ses partenaires feraient "tous leurs efforts pour que les offres présentées soient améliorées et permettent de sauver le maximum d'emploi".

Le tribunal de commerce de Quimper, qui avait placé Doux frais en liquidation judiciaire le 1er août, devrait se prononcer sur les offres au cours de la première semaine de septembre. Pour les autres activités de Doux (export et produits élaborés), le tribunal a prolongé la période d'observation jusqu'au 30 novembre.

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