Du lait à haute valeur ajoutée

Du lait à haute valeur ajoutée

Grâce à l'excellente valorisation de son lait, transformé en laguiole par la coopérative Jeune montagne, Lionel Viguier a pu s'installer sur une petite surface.

Le lait de Lionel Viguier vaut de l'or. «En 2010, j'ai été payé en moyenne 51 centimes le litre», indique l'éleveur, qui élève 24 vaches laitières simmental à La Terrisse, sur le massif de l'Aubrac. Un prix qui lui a permis de s'installer sur une toute petite surface : 23 hectares de prairies permanentes.

Cette excellente valorisation, il la doit à la coopérative Jeune montagne. Elle transforme le lait de 75 producteurs en laguiole, un fromage à pâte pressée en Appellation d'origine protégée (AOP), mais aussi en tome fraîche et en aligot. Qui dit haute valeur ajoutée dit cahier des charges contraignant : production limitée à 6000 litres par vache, OGM et ensilage de maïs interdits, apports d'aliments concentrés plafonnés, pâturage pendant 120 jours minimum…

Lionel va même plus loin : «Je suis en système tout foin.» Ce qui lui vaut une prime supplémentaire sur le prix du lait… et lui permet d'anticiper la prochaine interdiction de l'ensilage d'herbe pour l'AOP laguiole. Son but? «Produire un maximum de lait à l'herbe, car c'est là qu'il coûte le moins cher.» Son exploitation profite de «très bonnes terres qui donnent de l'herbe de qualité sans devoir retourner les prairies.»

Dès début mai, il trait ses bêtes à l'extérieur, comme cela se fait dans les Alpes.

«Nous ne sommes pas des pions»

Ne pouvant cultiver de céréales, Lionel souffre comme beaucoup d'éleveurs de la flambée du prix du blé. Alors que l'aliment pour bétail a augmenté de 100€ en un an, «le prix du lait n'a pas bougé et celui de la viande a baissé». Bref, avec une exploitation encore en phase de démarrage «c'est encore un peu difficile», reconnaît-il.

«Heureusement que ma copine travaille à l'extérieur de l'exploitation comme conseillère bancaire…» Dans ce contexte chahuté, la sécurité prodiguée par sa coopérative prend tout son sens. «Produire pour le laguiole a toujours été mon but, assure l'éleveur de 29 ans. Je n'aurais pas pu m'installer sur un autre système.» Après un bac agricole en 2000, Lionel devient ouvrier agricole. Ses parents ne sont pas agriculteurs mais lui deviendra éleveur « par vocation ».

Il a choisi l'élevage laitier, une production où «il faut toujours se remettre en question ». Entre l'Aubrac et la Simmental (les deux races autorisées pour le laguiole), il s'est passionné pour la seconde, sa mixité, sa docilité et ses marges de progression au niveau génétique.

«A Jeune montagne, nous ne sommes pas des pions», estime Lionel. Menacée par un manque de producteurs dans les prochaines années, sa coopérative a facilité le lancement de sa production en lui versant une aide directe et une avance de trésorerie. Un coup de pouce bienvenu quand reprendre une petite exploitation nécessite 90000€ d'emprunts… sans achat de terres !

La prochaine étape ? «Je veux m'agrandir de 10 à 15 hectares.» Pas pour augmenter sa production laitière – il produit 123 000 litres pour un quota de 158 000 litres – mais «pour devenir autonome sur le plan fourrager».

Les Simmental, des vaches dociles et mixtes (lait et viande).

Les Simmental, des vaches dociles et mixtes (lait et viande).

 

Source JA Mag

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