Du porc aux céréales, en passant par le lait et la viande, les raisons de la crise agricole

Du porc aux céréales, en passant par le lait et la viande, les raisons de la crise agricole

Lait, porc, bœuf et céréales, les principales filières de l'agriculture française sont en crise. Une crise liée à la surproduction, à l'effondrement des cours mondiaux et à la concurrence étrangère, sur fond de guerre des prix dans les supermarchés et d’embargo russe.

Bras de fer sur le porc

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Les déboires de la filière porcine datent de février 2014, lorsque la Russie décrète un embargo sanitaire sur la viande de porc européenne. Davantage de porc se retrouve sur le marché européen, faisant baisser les prix.

L'embargo global sur l'agroalimentaire européen, décidé en août suite à la crise ukrainienne, vient aggraver le phénomène. A cela s'ajoutent une baisse de la consommation et la concurrence des élevages allemands et espagnols, accusés de "dumping social" par leurs collègues français.

En juin dernier, sous l'égide du gouvernement, les professionnels s'engagent à augmenter le prix payé aux éleveurs à environ 1,40 euro le kilo.

Mais après des débuts prometteurs, l'application de l'accord tourne au bras de fer début août, lorsque deux acteurs majeurs de l'industrie, la Cooperl et Bigard/Socopa, décident subitement de boycotter le marché du porc breton de Plérin (Côtes d'Armor), où se fixe le prix national de référence. Ils jugent le prix revalorisé trop élevé pour faire face à la concurrence européenne.

Les cotations ont finalement repris le 18 août, mais sans ces deux acheteurs, et le prix peine à atteindre le niveau préconisé par le gouvernement. 

Les prix du lait noyés par la surproduction

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Après une embellie en 2014, les prix du lait sont repartis à la baisse depuis décembre, suite à une augmentation de la production liée à la fin des quotas européens en avril, ainsi que par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires, qui a contribué à engorger le marché européen. En parallèle, la demande chinoise, en pleine croissance depuis 2010, s'est brusquement réduite de moitié.

Fin juillet, les producteurs de lait ont arraché une hausse des prix à l'impact très limité, car elle ne concerne qu'une partie des produits laitiers, que les industriels rechignent à appliquer.

La France réclame un soutien de Bruxelles aux producteurs et une revalorisation du prix d'intervention du lait: ce mécanisme de soutien européen, activé en cas d'effondrement des cours, ne se déclenche actuellement que lorsque le prix tombe à 22 centimes le litre.

Bœuf : l'impossible hausse des prix

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Pour alléger leurs charges, certains  producteurs laitiers  ont fait le choix d’envoyer  aux abattoirs leurs vaches réformées, faisant baisser les prix de la viande bovine payés aux éleveurs, déjà soumis aux exigences de la grande distribution et à la concurrence étrangère.

Le 17 juin, les professionnels s'accordent sur une revalorisation progressive du prix payé aux producteurs, pour leur permettre de couvrir leurs coûts de revient, lors d'une table ronde au ministère de l'Agriculture.

Mais un mois plus tard, l'objectif fixé, une augmentation de 5 centimes par kilo et par semaine, n'est toujours pas atteint.

Pour le médiateur des relations commerciales agricoles, les abattoirs, en difficulté économique, ont interprété a minima l'accord, tandis que la grande distribution aurait pu être plus "dynamique", même si elle a globalement joué le jeu.

Céréales et sucre: l'abondance mondiale fait chuter les prix

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En France et globalement dans le monde, la récolte de blé est excellente. Mais l'offre étant assurée, les prix dégringolent : la tonne de blé tendre, dont la France est la première exportatrice européenne, a perdu plus de 40 euros depuis début juillet.

Les céréaliers s'attendent donc à une chute de leurs revenus, tout comme les producteurs de betteraves, car le prix du sucre a fortement reculé  dans l'Union européenne. La France est le 1er producteur mondial de sucre de betterave.

 

 

Source AFP

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Commentaires 1

bou21

y a quand meme quelque chose qui m'échappe
on parle de l'embargo russe sur les produits agro alimentaire
on avait pourtant une force pour contrer. pourquoi n'a t'on pas décréter un embargo sur les championnats du monde de natation.y'a quand meme une politique a deux vitesses

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