Du vin qui donne l'eau à la bouche : Denis Gifreu-Lallet produit un cocktail aphrodisiaque à partir de mourvèdre en Pyrénées-Orientales

Raphael Lecocq

Du vin qui donne l'eau à la bouche : Denis Gifreu-Lallet produit un cocktail aphrodisiaque à partir de mourvèdre en Pyrénées-Orientales

Denis Gifreu-Lallet produit un cocktail aphrodisiaque à partir de mourvèdre. 10% de la surface d'exploitation, 50% du chiffre d'affaires, 100% plaisir.

On a coutume de dire que le vin reflète la personnalité de celui qui l'élabore. Pour son premier millésime, concocté à l'automne 2009 quelques mois seulement après son installation dans le village de Passa (Pyrénées-Orientales), Denis Gifreu-Lallet a sorti « interdit – 18 », un cocktail à base de vin, léger (6,5°) pétillant, fluo, aromatisé à la pomme d'amour et au gingembre naturel, destiné à la clientèle des bars de nuit et autres lieux libertins...

« En 2006, j'avais présenté un premier projet d'installation, sur des surfaces conséquentes et une production de vins traditionnels, explique le jeune vigneron. Trop ambitieux, mon projet a été recalé. Deux ans plus tard, toujours épris de ce métier, j'ai présenté un projet radicalement différent, sur seulement 4,5 ha, dont 4 ha de muscat à destination de la cave coopérative pour se rassurer. La parcelle de 0,5 ha de mourvèdre a pris une tout autre orientation. »

Des Côtes aux gorges catalanes

En plus du cocktail, le vigneron élabore un rosé, un vin de pays des Côtes catalanes à partir du même mourvèdre. Classique. Sauf qu'avec sa dénomination «playme» et une étiquette en forme de bouton poussoir rappelant certains sextoys, le rosé est positionné, commercialement parlant, sur le même créneau que le pétillant. «Notre société s'ouvre davantage aux pratiques coquines, assume sans ambages et sans jambages Denis Gifreu-Lallet. Il y a très clairement un créneau à prendre». Bien sous tous rapports (une compagne, une petite fille de deux ans), notre jeune vigneron a peut-être mis à jour un filon, qu'il avait pris soin de sonder, après la déconvenue de son premier projet. Embouteillés à la veille des fêtes de fin d'année, 20% de la production de cocktail s'est déjà dissipée dans les seules nuits catalanes, perpignanaises et barcelonaises. L'aphrodisiaque fait donc effervescence! Mais si les nuits sont chaudes, le rosé devra malgré tout attendre que l'atmosphère se réchauffe un peu pour égayer les papilles et les gorges.

Un peu, beaucoup, passionnément

Avec 3000 cols de cocktail et 1600 de rosés, vendus respectivement 9 et 6€ l'unité, le mourvèdre pourrait peser autant que le muscat de Rivesaltes dans les comptes d'exploitation. A condition de les vendre effectivement. «Un soir sur deux, j'essaie d'aller sur le terrain, confie le vigneron. Les journées sont longues mais le défi est passionnant». Les mois qui viennent seront déterminants. Dans l'entourage, c'est un cocktail d'encouragements et conseils de prudence qui prévaut, avec un doigt de circonspection. A l'heure des vins bio et autres vins naturels, le cocktail à la pomme d'amour dénote un peu, beaucoup, passionnément et sans modération. Conscient d'évoluer sur un terrain où la concurrence et les effets de mode ont vite fait de vous renvoyer à votre sécateur, Denis Gifreu-Lallet, trente ans cette année, a les pieds sur terre mais la tête dans sa prochaine cuvée. Un philtre d'amour à base de muscat, non pétillant, est à l'étude.

Un projet bien habillé

Denis Gifreu-Lallet a d'abord misé sur la qualité du produit, en s'attachant les services d'une oenologue, doublé d'un laboratoire spécialisé dans la fabrication d'arômes. Le savoir-faire se situe au niveau de la dilution, l'aromatisation, la coloration et la gazéification. Résultat : pur délice que cet «interdit - 18». Dans la foulée, la marque Hotàmbul est déposée. Avec le concours d'un graphiste, il conçoit une étiquette en forme de «X» qui réagit à la lumière noire des établissements de nuit. A l'avenant : signalétique extérieure, site internet (hotambul.fr), T-shirt, cartes de visite, sans oublier le lieu d'accueil des clients, reconstituant, sur quelques mètres carrés et au domicile du vigneron, l'ambiance d'un bar de nuit.

 

Source Ja Mag

Publié par Raphael Lecocq

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