E.Leclerc et Intermarché épinglés par les éleveurs de races à viande

Lise Monteillet

E.Leclerc et Intermarché épinglés par les éleveurs de races à viande

La fédération nationale bovine (FNB) hausse une nouvelle fois le ton contre ces deux acteurs de la grande distribution, accusés de ne pas respecter les engagements qu’ils ont pris quelques mois plus tôt.

La plupart des enseignes ont signé l’engagement Cœur de gamme au cours de l'année dernière. Mais dans les faits, toutes n’ont pas encore modifié leurs pratiques commerciales. E.Leclerc et Intermarché font partie des mauvais élèves, tandis que les magasins U et Carrefour jouent davantage le jeu, selon les dires de Bruno Defayet, président de la FNB. 

Avec l’aide d’une quinzaine d’éleveurs, il a donc déployé des banderoles devant un magasin E.Leclerc de la région parisienne, le 17 mai, appelant les consommateurs à « sauver les éleveurs » en allant faire leurs courses ailleurs. Des actions similaires se sont déroulées devant d’autres grandes surfaces, partout en France. Le président de la FNB dénonce une « tromperie des éleveurs » et « une tromperie des consommateurs » de la part des magasins E.Leclerc. L’enseigne s’était pourtant engagée publiquement, en septembre 2016, à payer plus chers certaines viandes de qualité. Une déclaration pleine de bonnes intentions, mais qui serait restée lettre morte, selon la FNB. 

Les éleveurs réclament plus d’équité 

La démarche Cœur de gamme prévoit de mieux rémunérer le travail des éleveurs, le différentiel de prix étant d’environ 1 €/kg. En échange, les éleveurs s’engagent à fournir une viande issue du troupeau allaitant, répondant à des critères de conformation et de maturation. « 2500 animaux par semaine entrent dans la démarche aujourd’hui, alors que notre potentiel est de 8000 animaux par semaine », estime Bruno Dufayet. « Ce qui dérange, c’est la nouvelle relation commerciale que nous voulons mettre en place », ajoute le président de la FNB.

« Il y a un an, monsieur E.Leclerc nous avait expliqué que nous n’étions pas dans le ton avec Cœur de gamme, lors de notre première rencontre. Aujourd’hui, quand je vois toutes les campagnes de publicité des supermarchés qui mettent en avant l'aspect équitable, je me dis qu’on ne s’était pas trompé », complète Emmanuel Bernard, éleveur de Charolaises dans la Nièvre.

L’agriculteur nivernais poursuit : « tous les sondages montrent que le consommateur a confiance dans le producteur, avant tout. On connaît la valeur de notre image ». À ses yeux, la démarche Cœur de gamme est aussi à l’occasion de « créer un lien entre les villes et les campagnes » alors que « les territoires ruraux se sentent abandonnés ».

Emmanuel Bernard déclare ne plus parvenir à couvrir ses coûts de production et avoir perdu 50 000 € de chiffre d’affaires entre 2013 et 2016. Ce qu’il espère, en menant cette action devant un magasin E.Leclerc, c’est « casser les codes » pour que les rapports avec la grande distribution changent pour de bon. 

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Commentaires 2

MONARDE1686

Bravo à la FNB, courageuse, efficace, lucide, intègre...

robin

Leclcerc ne joue que sur la communication. il vient de temps en temps a la TV pour faire de belles déclarations alors que dans les faits, qu'il est pire que les autres. dans le business seul l'image compte, c'est pour ça qu'il la soigne en venant à la tv.

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