Eau : Bruno Retailleau : L'Auzance c'était l'arbre qui cache la forêt

Barrage sur l'Auzance, poursuite du programme des réserves de substitution, réactivation de celui des aides collinaires... A quelques heures de l'annonce de la décision du préfet, entretien avec Bruno Retailleau, président du conseil général.

Il semblerait que le préfet ne donnera pas suite à la demande de Vendée Eau de créer un barrage sur l'Auzance. Qu'en pensez-vous ?

Eh bien si c'est non c'est non. Ce préfet semble avoir plus de liberté de ton que d'autres et c'est tant mieux parce que le pire a été de nous laisser croire que c'est possible alors que ça ne l'est pas. C'est trop de temps de perdu avec des montages de dossiers inutiles et des exploitations bloquées dans leur développement.
Nous avons raisonné pendant trop longtemps avec la seule culture du barrage et l'Auzance a été l'arbre qui cache la forêt. Alors que les solutions sont multiples. L'avenir ce n'est pas une mais un bouquet de solutions.

Il n'y aura donc plus jamais de création de barrages en Vendée ?

Non.

La Vendée a pourtant besoin d'eau...

D'abord il faut bien prendre conscience de notre situation vendéenne. Nous avons un problème d'approvisionnement en eau que la sècheresse de ce printemps ne fait qu'aggraver. Il y a péril en la demeure et le problème est plus compliqué ici qu'ailleurs parce que nous n'avons pas de nappe phréatique en Vendée en capacité de couvrir tous les besoins et nous ne sommes pas non plus riverains d'un fleuve. Songez que 92 % de notre eau potable est liée aux eaux superficielles, lesquelles sont recueillies dans des rivières torrentielles mais qui, passé l'orage ne sont qu'un mince filet d'eau. Autre particularité de notre département : la forte saisonnalité de sa consommation d'eau. Elle est multipliée par 2,5 en juillet et août par rapport à la moyenne de l'année. Enfin les ressources sont plutôt à l'est et les pics de consommation sont à l'ouest, ce qui explique en partie nos 14 000 kilomètres de réseau de tuyaux.

Quelles sont ces autres solutions d'approvisionnement ?

Je dirais qu'elles sont d'abord dans les économies. Celles que chacun peut réaliser chez soi. Et celles à réaliser sur le traitement de l'eau brute. On peut l'optimiser et gagner ainsi un million de mètre cubes d'eau. Et puis il y a le retraitement de l'eau des stations d'épuration. Rendez vous compte que sur seulement deux secteurs comme ceux de Saint-Jean-de-Monts et Saint-Gilles ce sont 7 millions de mètres cubes d'eau qui envoyés à la mer. Nous avons déjà là une grosse partie de la solution.
Dans le bouquet de solutions il y a aussi le renforcement du captage de Sainte-Gemme-la-Plaine avec 2 millions de m3, le remplissage d'anciennes carrières dans lesquelles on peut en stocker 3. Il y a aussi aujourd'hui dans les barrages de Mervent de l'eau dont la Charente-maritime n'a plus besoin puisqu'elle s'est maintenant équipée sur son propre territoire. Et puis il y a la solidarité grâce à laquelle nous avons pu tenir jusqu'à présent. Solidarité qui consiste aujourd'hui à renforcer la connexion des barrages et usines d'eau entres elles. Nous allons aussi connecter Basse-Goulaine la retenue de la Bultière avec de l'eau de la Loire, ainsi qu'une partie du nord Vendée avec de l'eau en provenance de Machecoul. Enfin à plus long terme il faut compter sur l'innovation avec une usine de dessalement de l'eau de mer.

Que prévoyez-vous plus spécifiquement pour les besoins de l'agriculture ?

Nous avons un programme de créations de réserves de substitution dans le sud Vendée et je peux vous dire qu'elles donnent satisfaction avec des résultats visible sur le niveau des canaux du marais poitevin. Ce programme a été stoppé parce que des collectivités ont souhaité marquer une pause. Il faut réactiver ce programme et le pousser plus loin.

Des agriculteurs il y en a dans tout le département. Certains ont investi dans des retenues collinaires dont l'efficacité n'est plus à démontrer, mais aujourd'hui ces initiatives sont bloquées...

Oui c'est le problème des zones humides. C'est clair qu'on ne pourra plus barrer les ruisseaux au droit comme on a pu le voir. Ce que je propose c'est de créer des retenues dans des zones basses et de déporter, voire de doubler les zones humides affectées en les récréant.

Mais qui va payer ?

C'est surtout un problème de conception de ces zones humides plus que de coût. C'est d'accord nous allons aider à leur réalisation et nous allons pour cela réactiver le programme de ces retenues collinaires réalisées dans un cadre collectif.

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