Echanges mondiaux : Le dynamisme à l'export soulage le bilan du blé français

Gabriel Omnès

Après un début de campagne laborieux, les expéditions françaises vers les pays tiers ont atteint un rythme soutenu, dopé par une baisse des prix et la hausse du dollar.

Le cargo a mis du temps à larguer les amarres, mais il a désormais atteint une bonne vitesse de croisière. Fin mars, les chargements de blé français à destination des pays tiers atteignaient 7,2 millions de tonnes (Mt). C'est tout proche du record de 7,5 Mt enregistré à la même époque l'an passé, malgré un début de saison en demi-teinte. Le regain de dynamisme observé dans le courant du mois de mars a conduit FranceAgriMer a revoir à la hausse ses projections pour la fin de campagne.
« L'objectif des exportations sur pays tiers est rehaussé de 400 000 tonnes, à 9,2 Mt, et il pourrait être supérieur, de l'avis de certains opérateurs », a annoncé Michel Ferret, le responsable marchés de l'office, à l'issue du conseil spécialisé Céréales, le 14 avril.
Les clients traditionnels ont largement contribué à ce bon résultat, à l'instar de l'Algérie, qui a déjà acheté 2,5 Mt de blé français. Avec 1,4 Mt vendue au Caire, la France a également su s'imposer sur le très convoité marché égyptien.

FranceAgriMer a relevé de 400 000 tonnes ses prévisions d'exportation de blé sur pays tiers, à 9,2 millions de tonnes. (S. Leitenberger)

FranceAgriMer a relevé de 400 000 tonnes ses prévisions d'exportation de blé sur pays tiers, à 9,2 millions de tonnes. (S. Leitenberger)

Destinations « exotiques »

Plus inattendu, « nous avons réussi à vendre vers la Thaïlande, le Pérou, le Mexique et le Brésil », énumère Pierre Duclos, responsable trading céréales chez In Vivo. Le succès vers ces destinations « exotiques » tient d'un contexte favorable à l'offre française : prix élevés en Australie, absence de l'Argentine, dont le disponible exportable s'est évaporé avec la sécheresse, et retrait de l'Ukraine de la scène internationale en deuxième moitié de campagne.
Les blés américains, eux, affichent des cours déconnectés de la concurrence mondiale, sous l'influence d'une baisse des surfaces et d'un maïs porté par la demande en éthanol. « Avec la baisse des prix français, nous passons donc à l'export. C'est une sorte de modération salariale, avec la complicité du taux de change euro/dollar qui nous est redevenu favorable », analyse Michel Ferret.
Si le bateau des exportations françaises continue sur sa lancée, et à condition que la Russie ne se livre pas à un nouvel abordage sur le marché mondial, le bilan du blé tricolore devrait s'alléger. Le stock de report attendu reste toutefois conséquent, à 3,5 millions de tonnes.

Source Réussir Grandes Cultures Mai 2010

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