Ecotaxe suspendue, manifestation maintenue

Ecotaxe suspendue, manifestation maintenue

Jean-Marc Ayrault a confirmé la suspension sur l'ensemble du territoire de l'écotaxe pour laisser le temps au dialogue sur ce sujet qui suscite de fortes oppositions en Bretagne.

A l'issue de  la réunion avec des élus bretons et les ministres concernés par ce dossier, le chef du gouvernement a déclaré à Matignon que "le courage, ce n'est pas l'obstination, c'est écouter, comprendre".

"C'est pourquoi j'ai décidé la suspension de la mise en oeuvre de l'écotaxe pour nous donner le temps nécessaire d'un dialogue au niveau national et régional", a annoncé M. Ayrault, précisant toutefois que "suspension n'est pas suppression".

Selon le Premier Ministre, cette taxe poids lourds, prévue par la précédente majorité, doit être "corrigée". "Pour y parvenir, il n'y a qu'un moyen, c'est le dialogue", a dit le Premier Ministre.

Cette suspension, sans limite de durée, est nationale "afin d'éviter les distorsions entre les territoires et les entreprises", a précisé le député PS Jean-Jacques Urvoas, qui avait annoncé la décision du Premier Ministre dans un communiqué avant que celui-ci ne prenne la parole. Elle ouvre selon lui "la voie à l'élaboration collective du plan d'avenir pour la Bretagne dont notre région a un besoin impérieux".

Cette décision est "courageuse" et "témoigne de l'attention indéfectible que porte Jean-Marc Ayrault à la gravité de la situation bretonne", a-t-il souligné. "Désormais, le gouvernement tend la main, aux Bretons ensemble de la saisir", a-t-il conclu.

Seul élu breton représentant l'UDI, et seul participant de l'opposition à la réunion de Matignon, boycottée par l'UMP, le député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit a salué "un geste d'apaisement" de la part du chef du gouvernement.

François Hollande a lui expliqué en marge d'une visite officielle à Bratislava que "la volonté du gouvernement, c'est aujourd'hui d'apporter des réponses aux élus bretons". "C'est ce que le Premier Ministre fait au moment où je suis ici à Bratislava", a lâché le chef de l'Etat.

 

Manifestation de samedi à Quimper maintenue

Les organisateurs de la manifestation contre l'écotaxe samedi à Quimper ont décidé de maintenir le rassemblement malgré l'annonce par le gouvernement d'une "suspension de l'écotaxe" en France, rappelant qu'ils réclament la "suppression" de cette taxe, ont-ils indiqué.

"Ce n'est pas suffisant, la Bretagne demande sa suspension définitive", a déclaré Christian Troadec, maire (DVG) de Carhaix (Finistère), à l'origine du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne" qui a lancé l'appel à la manifestation à Quimper "Pour l'emploi et la Bretagne et contre l'écotaxe", où se retrouveront les opposants de toute la région.

"La Bretagne demande la suspension définitive de l'écotaxe, d'autant plus que nous ne connaissons pas la durée de ce moratoire", a-t-il dit. "La manifestation de samedi est maintenue, elle sera pour la suppression définitive de l'écotaxe et l'emploi", a-t-il conclu.

"J'espère qu'il y aura beaucoup de monde et que cela se déroulera dans la dignité et le respect", a aussi affirmé Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et un des porte-paroles du collectif.

"Un report si c'est 15 jours, 1 mois, 6 mois, ça ne nous intéresse pas. Nous, on demande la suppression pure et simple de l'écotaxe. L'écotaxe, pour nous, c'est un symbole qui rallie les paysans, transporteurs, artisans, commerçants, tous d'accord pour dire : ça suffit", a-t-il ajouté.

"En 1969, le Général de Gaulle avait parlé de l'enclavement de la Bretagne alors qu'on était dans une Europe à six. Comment se fait-il qu'on vienne nous taxer dans une Europe à 28?", s'est interrogé le responsable syndical.

Le gouvernement appelle à la responsabilité des manifestants

Après la décision de suspendre l'écotaxe, le gouvernement appelle maintenant "à la responsabilité" des manifestants bretons et de la droite, ont plaidé de concert les ministres de l'Agriculture, des Transports et de la Fonction publique à leur sortie de Matignon.

"Il faut maintenant que chacun soit responsable et arrête de pousser les feux", a déclaré Marylise Lebranchu, un des ministres élus de Bretagne, saluant dans cette suspension "un geste extrêmement courageux".

"Chacun doit prendre ses responsabilités maintenant", a renchéri le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. "Il faut qu'on soit capable d'apaiser et de retrouver la voie du dialogue", a-t-il insisté, saluant lui aussi "une décision courageuse et de sagesse".

"Il faut que nous reprenions les choses, sereinement, calmement" et "personne n'a à gagner de ces scènes d'affrontements", a expliqué de son côté le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. Le gouvernement va maintenant voir "comment peut-on améliorer le dispositif ?", a-t-il ajouté.

"Je rappelle que l'ancienne majorité avait non seulement voté l'écotaxe, mais passé un marché en partenariat public-privé (PPP) qui coûte 800 millions d'euros en cas de dédit, donc il faudra que chacun assume ses responsabilités", a déclaré la ministre (PS) de la Fonction publique à BFMTV, à l'issue de cette réunion.

"Je pense que face à cette proposition extrêmement forte" de suspendre la mesure, "dès demain matin, la FNSEA et les organisations économiques, mais aussi syndicales, doivent se retrouver autour de la table", a encore dit Mme Lebranchu. "On arrête les chaises vides, on se met au travail", a-t-elle insisté.

Source AFP et BFMTV

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