Eddie Yvard, céréalier à Dorceau (61) : Restons unis, homogènes et cohérents face à un marché mondial

Thierry Guillemot

Eddie Yvard, céréalier à Dorceau (61) : Restons unis, homogènes et cohérents  face à un marché mondial

L'année 2009 ?

“A titre personnel et parce que j'avais engagé ma récolte à 70 % en juin 2009, ma moyenne à 135 e couvre tout juste les coûts. Mais globalement, pour la ferme céréalière départementale et avec une hausse des intrants de l'ordre de 80 à 100 e/ha, il ne doit plus rester grand chose du revenu 2009. Nous ne sommes pas au minimum syndical”.

L'année 2010 ?

“Les intrants sont revenus à des niveaux un peu plus standard mais le bilan de santé de la PAC nous a fait perdre 80 e/ha. Sur ce dossier, j'estime d'ailleurs que les céréaliers ont été lâchés un peu vite dans l'arène par la FNSEA. Par ailleurs, avec 4 mois minimum de stocks de report en juin, je ne vois pas les cours (109 e rendu Rouen aujourd'hui) remonter. Or, à 100/110 e, on ne couvre pas les charges. Pour un céréalier arrivant à la cinquantaine, il faut au minimum 125/130 e, pour un jeune qui vient d'investir : 135/140 e”

Les leviers à actionner ?

“Je n'en vois guère. J'ai déjà adopté les TCS (Technique Culturale Simplifiée) via un groupe Culture de la Chambre d'Agriculture. Du côté du progrès génétique, les rendements plafonnent, voire régressent, depuis quelques années. Peut-être qu'en privilégiant la semence de ferme (pour des raisons économiques), n'avons-nous pas suffisamment soutenu financièrement la recherche ? Ma seule piste, c'est un projet de stockage à la ferme . C'est aussi de disposer de la bonne information au bon moment pour vendre sur le marché à terme”.

L'environnement ?

“Les contraintes environnementales brident d'une part les rendements mais aussi représentent un coût supplémentaire en multipliant les passages quand le mélange de 2 produits est interdit. On peut à ce titre s'interroger sur le bilan écologique de certaines mesures.J'ai l'impression par ailleurs qu'il s'agit souvent d'un débat franco-français. On veut laver plus blanc que blanc. Et enfin, il y a Ecophyto 2018, c'est demain. Comment fait-on ?”

L'engagement syndical ?

“J'ai toujours trouvé ma voie au sein de la FNSEA et de la FDSEA même si les frontières départementales font que l'Orne n'a pas l'image d'un bassin céréalier. L'important est que nous restions unis, homogènes et cohérents face à un marché mondial”.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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