Editorial : Revenu 2007 : La refondation de la PAC s'impose !”

Le revenu des éleveurs de bovins et d'ovins, en particulier dans le Massif central, plonge à nouveau en 2007.

Les zones d'élevage extensif sont à la peine, notamment sous l'effet de la très mauvaise année pour l'élevage ovin (- 32 %) et pour l'élevage porcin, d'une année très moyenne pour le secteur bovin viande, victime de la FCO, et enfin d'une hausse des charges sans précédent, qui a quasiment annulé les bénéfices de la hausse du prix du lait qu'ont connue les éleveurs laitiers. Le revenu agricole recule de 10 % en Auvergne et de 28 % en Limousin.
Au moment où les revenus des éleveurs n'en finissent pas de s'écrouler, celui des céréaliers connaît une embellie spectaculaire.
Cette disparité prouve, si besoin était, qu'une refondation de la Politique agricole commune est indispensable, au risque de voir disparaître les activités d'élevage. Depuis plus d'un an, la FRSEA Massif central, à travers son livre blanc, plaide pour un rééquilibrage des aides en faveur notamment de l'élevage à l'herbe.
Les chiffres du revenu agricole 2007, qui viennent d'être publiés, légitiment en toute objectivité cette revendication. Il est temps que les pouvoirs publics mesurent l'ampleur du défi à relever pour garantir un avenir à l'élevage.
La Présidence Française de l'Union européenne, qui vient de débuter, doit absolument être l'occasion de rebattre les cartes.
J.Chazalet

Jacques CHAZALET, Président de la FRSEA Massif central

Jacques CHAZALET, Président de la FRSEA Massif central

La situation contrastée des agriculteurs du Puy-de-Dôme

La publication des chiffres sur le revenu net par actif pour l'année 2007 montre de fortes disparités entre régions et secteurs. Certes, les revenus des exploitations céréalières en France ont augmenté l'année dernière après plusieurs années de baisse, et ceci grâce au niveau de prix mondiaux. Mais ces cours favorables n'ont pas bénéficié de la même manière à toutes les régions de France ni à toutes les catégories d'exploitants en grandes culture. La situation des exploitants de Limagne est bien différente de celle des grands bassins qui ont bénéficié plus largement de l'embellie des prix des céréales.
Côté élevage, il est évident que la progression moyenne de 17% constatée par les experts occulte une situation préoccupante pour les exploitations les plus fragiles situées dans nos zones de montagne. Aucune production n'est épargnée : élevages allaitant, laitier, ovin, porcins et autres production hors sol : l'augmentation du prix des aliments pour animaux a lourdement grevé le revenu des éleveurs, qui ne peuvent répercuter ces hausses sur les prix de vente. Et malgré une augmentation du prix du lait, la situation des producteurs laitiers des zones herbagères reste bien plus difficile et complexe que celle des systèmes de production de plaine. Aujourd'hui, pour toutes les productions agricoles du Puy-de-Dôme, la répercussion des coûts de production dans nos prix de vente devient urgente.
Ce bilan des revenus 2007 des agriculteurs est donc bien loin de représenter toute la réalité des secteurs et surtout, il témoigne de la volatilité grandissante des marchés. Un sujet ô combien d'actualité à l'heure du bilan de santé de la Pac qui doit nous amener à réfléchir à des outils de régulation des marchés et de gestion des risques. L'enjeu étant bien celui de l'attractivité du métier pour que des jeunes puissent encore s'installer demain avec une lisibilité motivante.
P. Trillon



Patrick Trillon, président de l'Udsea 63

Patrick Trillon, président de l'Udsea 63

 

Le revenu de la Ferme Auvergne baisse de 10 % en 2007

Rapporté au nombre d'actifs agricoles non salariés, le Revenu net d'entreprise agricole (RNEA) moyen s'établit à 12 580 euros, inférieur de plus de moitié à celui de la France. La spécialisation vers l'élevage d'herbivores pénalise cette année la région qui, de fait, figure en queue de peloton des régions françaises, au 17ème rang.

Secteur par secteur :
La récolte céréales et oléagineux est en retrait de 4 % en raison d'une réduction des surfaces ensemencées mais surtout d'une baisse des rendements. Grâce à l'envolée des prix, la valeur de la production céréalière est en hausse.
En élevage bovin, la conjoncture est moins favorable qu'en 2006. Les producteurs de viande bovine mettent sur le marché un volume proche de celui de l'année précédente (72 000 tonnes). Mais les prix sont globalement orientés vers la baisse, en recul de 1 à 10 % selon les catégories d'animaux (mis à part pour les veaux de boucherie : +4 %). Sur l'ensemble de l'année, le recul des cours des mâles atteint selon les catégories de -8 % à -17 %. La baisse est particulièrement sensible durant l'automne.

En lait, le prix payé au producteur s'est redressé au cours du 2ème semestre en raison d'une demande mondiale accrue. Grâce à une progression d'environ 6,5 % par rapport à 2006, la valeur de la production laitière s'est alors étoffée en Auvergne.
Dans le secteur ovin, le troupeau de brebis poursuit son érosion et accuse une perte de 5 % de ses effectifs en un an. Cette évolution impacte dans la même proportion la production régionale de viande, et les prix peinent à se stabiliser.
Quant aux élevages porcins, ils sont confrontés en 2007 à une baisse de la demande. Le prix du porc charcutier se rétracte de près de 9 %. Dans ce contexte, la production régionale a du mal à se maintenir, d'autant plus que les éleveurs sont confrontés à la hausse du prix de l'alimentation animale.
En effet, les aliments pour animaux constituent le poste principal de dépenses de l'agriculture auvergnate. Elle est en progression de 18 %. Cette croissance est due pour l'essentiel à la très forte hausse des prix (+15 %) liée à la flambée du cours des céréales. Les achats d'engrais restent plutôt stables en volume, mais leur prix progresse (+5 %) pour la cinquième année consécutive
D'après Agreste Auvergne

Source Auvergne Agricole

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