Élections : 10 jours pour élire les représentants des chambres d’Agriculture

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Élections : 10 jours pour élire  les représentants des chambres d’Agriculture

Plus de 3 millions de personnes sont invités à voter, du 21 au 31 janvier, pour élire leurs représentants qui siégeront dans les différents organes des chambres d'agriculture départementales et régionales de France.

Un vote par correspondance

Plus de 3 millions de personnes peuvent participer aux élections des Chambres d’agriculture, sous réserve d’être inscrites sur les listes électorales de sa commune spécialement établies à cette occasion. Les électeurs sont appelés à voter par correspondance, dès réception du matériel de vote, jusqu’au 31 janvier 2013. Tous les électeurs recevront  à leur domicile, au plus tard 10 jours avant la date de clôture du scrutin, le matériel de vote composé d’un bulletin de vote, des instruments de vote par correspondance et d’une notice explicative.

Pour en savoir plus sur le mode de scrutin, voir le site des Chambres d’agriculture : http://www.chambres-agriculture.fr/thematiques/elections-2013/#c3621

Depuis quelques mois,  les organisations syndicales agricoles et leurs militants sont en pleine effervescence et multiplient les actions sur le terrain. Point d’orgue de ces manifestations : la journée nationale de mobilisation ce mercredi par la FNSEA et les JA contre la Directive nitrate de l’UE. Actions que les autres syndicats n’hésitent à pas à dénoncer invoquant une « manipulation électoraliste ». Le ton est donné...

 Le monde agricole élit en effet, pour 6 ans, ses représentants aux plans départemental, régional et national. Ces élections déterminent la représentativité des différents syndicats agricoles et permettent de répartir les sièges au sein des différentes institutions.  « L’enjeu des élections de 2013 est cette légitimité qui habilite les chambres  à exprimer leurs avis auprès des pouvoirs publics sur toutes questions touchant à l’intérêt général agricole », explique-t-on au siège des Chambres d’Agriculture (APCA), présidées par Guy Vasseur.

Mais l’enjeu, c’est aussi, pour les syndicats agricoles, de tester les rapports de force et de mesurer leur poids auprès des agriculteurs. Lors de la précédente élection, il y a 6 ans, la FNSEA, alliée aux Jeunes Agriculteurs, avait obtenu 55,19% des suffrages, suivie de la Confédération Paysanne (19,63%), de la Coordination Rurale (18,70 %) et du Modef (2,30 %).

FNSEA/ JA revendiquent un « syndicalisme de solutions  plutôt que d’opposition »

Les syndicats majoritaires FNSEA /JA étaient sortis renforcés de ces  élections, qui ont vu également la forte progression de la Coordination rurale qui détient deux chambres d'agriculture (Calvados, Lot-et-Garonne) et la baisse de la Confédération paysanne qui a perdu sa seule chambre d'agriculture (Loire-Atlantique) en métropole mais qui reste majoritaire dans certaines chambres des départements d'outre-mer (La Réunion et Mayotte).

Pour la FNSEA, alliée aux Jeunes Agriculteurs, l’enjeu est clair : « faire aussi bien, si ce n'est mieux qu’en  2007", explique  Dominique Barrau, secrétaire général.  Leurs propositions s'articulent autour de trois axes: "défendre l'acte de production", « le revenu", et faire vivre les campagnes en défendant les services de proximité. Plus largement, les listes FNSEA/ JA revendiquent un « syndicalisme de solutions  plutôt que d’opposition ».

De son côté, la Coordination rurale (CR)  qui espère récupérer des voix, ne cache pas son objectif : faire "descendre la FNSEA en dessous des 50%". Le syndicat défend un syndicalisme «  de conviction »,  au service des intérêts des agriculteurs "et pas de l'agrobusiness". « Les élus semblent avoir oublié leur rôle de défense des agriculteurs et ont fait des Chambres d'agriculture un lieu amorphe et  ronronnant, où la défense de ses propres intérêts passe avant celui des agriculteurs », n’hésite pas à clamer Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, qui critique également l’orientation qu’il juge « commerciale » des chambres qui multiplient les services payants. 

Dans ce climat, la Confédération paysanne joue la carte du social et pourrait surfer sur l'arrivée de la gauche au pouvoir.  "Nos concurrents offrent comme espoir la modernisation (des exploitations), donc l'élimination des plus faibles", estime Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. La Confédération milite pour "la lutte contre les inégalités", "l'accès au foncier", symbolisé par l'opposition à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans laquelle le syndicat est engagé et "la nécessité de conjuguer le développement de l'agriculture avec la préservation de la ressource"

L’Environnement divise les syndicats

Un point qui divise les syndicats alors que le verdissement de la politique agricole commune (PAC) est en préparation à Bruxelles. La FNSEA et les JA  militent contre « la  multiplication des normes environnementales » et réclament plus de « pragmatisme » de la part des pouvoirs publics, alors que la Coordination rurale estime que  la conditionnalité et le verdissement des aides PAC sont tous simplement  « des aberrations» .

Au contraire, la Confédération est favorable  à cette dimension environnementale qu’elle juge « porteuse d’avenir ». Même si elle estime que  les mesures environnementales doivent être plus lisibles pour les agriculteurs,  elle refuse « la posture du refus de l’environnement » prise, selon elle, par les autres syndicats.

Quant au Modef, qui  fait figure de petit poucet, il entend défendre les petites et moyennes exploitations familiales avec, comme principale revendication, l'obtention de prix rémunérateurs. Il espère avoir le maximum d’élus pour renforcer son influence au sein des chambres.

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