Ensilages d’herbe : la quantité, pas la qualité !

Catherine Perrot Guillaume de Werbier

Cette année, les précipitations auront bousculé le rythme des travaux de récolte d’herbe.
Cette année, les précipitations auront bousculé le rythme des travaux de récolte d’herbe.

La première quinzaine de mai, les journées où les travaux des champs étaient possibles ont été rares. Du coup, tout s’est retrouvé concentré sur la deuxième quinzaine. L’herbe est presque partout récoltée, et les semis de maïs vont enfin pouvoir se poursuivre.

La semaine passée a été une grosse semaine pour la récolte d’herbe : l’avis est le même, au nord comme au sud du département de Loire-Atlantique ! Frédéric Daniel (Cuma de Guémené) estime même que cela a été « un peu la bousculade ! ». Il y avait en effet urgence, la semaine du 14 mai, pour récolter les dérobées et les RGI « qui étaient en train d’épier ». « Les journées n’étaient pas assez longues », note ce responsable, qui apprécie que les salariés de sa Cuma aient parfaitement joué le jeu, en travaillant en
2 X 8.
La quantité était au rendez-vous sur ce secteur, mais pas la qualité, en raison du stade trop avancé de l’herbe : « Il y avait bien quinze jours de retard ! » « Les premières analyses confirment que la qualité est moyenne », explique Frédéric Daniel, qui précise que les premières récoltes d’herbe (début mai) étaient quant à elles, moyennes en quantité, mais fortes en qualité. La récolte d’herbe se poursuit ces jours-ci, avec les RGA et des ensilages de luzerne.
Si du côté de Guémené, on n’a fait que de l’ensilage, du côté de Saint-Hilaire de Chaléons, l’enrubannage d’herbe a marché à plein. « Notre machine est arrivée à sa deux millième botte cette semaine », note Christian Pipaud de la Cuma de Saint-Hilaire de Chaléons. Là aussi, les journées ont été très chargées, et il a fallu les étirer au maximum pour réussir à récolter toutes les parcelles programmées : « Et on a à peine fini ! », notait-il, mardi dernier. Selon l’administrateur, la qualité de ces enrubannages est correcte, et les rendements « très variables ».
« Les chantiers ont été bousculés », confirme de son côté Didier Praud, à la tête d’une ETA à Saint-Gildas des Bois. « On a travaillé sur un temps relativement court. On a commencé les chantiers courant mars et très vite les machines sont rentrées à l’atelier, à cause de la météo. On a repris fin avril. »
Ces travaux en pointillés n’ont rien apporté de bon. Pour Didier Praud, « on a ramassé en quantité, mais pas en qualité ». « Sur les dernières parcelles ensilées, pour le RGA ça passait encore, mais pour les RGI, les derniers étaient en épis ! »
Les premières coupes sont en majorité terminées. Même si c’est depuis peu de temps comme, comme chez Jean-Paul Juin, éleveur en vache allaitante à Montoir de Bretagne. Les précipitations l’ont obligé à repousser ses travaux d’ensilages d’herbe. Mardi dernier, il effectuait une première coupe d’herbe sur une vingtaine d’hectares et andainait dans la foulée. Le lendemain, l’ensileuse de l’ETA de Didier Praud était dans ces parcelles pour récolter.
« On a un printemps vraiment bizarre », remarque Didier Praud. « Certains agriculteurs n’ont pas voulu prendre de risques. Ils ont patienté au point de ne plus pouvoir sortir dans les parcelles. Ceux qui ont osé entamer leurs ensilages d’herbe plus tôt n’ont pas fait de mauvais chantier, avec une herbe qui n’était pas trop humide. Pour ceux-là, la qualité de l’herbe a été supérieure car elle a été ramassée plus vite. »

Maïs : enfin, les semoirs sortent !

Du côté des maïs, tout n’est pas encore semé, loin s’en faut ! Dans son secteur (Pays de Retz), Christian Pipaud estime qu’une bonne partie a néanmoins pu être réalisée, à la faveur de quelques journées de mai sans pluies, vers le 8 mai et la semaine du 14 mai, au même moment que les chantiers de récolte d’herbe : « Dans beaucoup de parcelles, les labours étaient faits, le fumier mis, il n’y avait plus qu’à semer… »
Après avoir eu une grosse semaine de récolte d’herbe, la Cuma s’engageait donc pour une fin de mois de mai bien chargée en chantiers de semis. « Mais vu les délais, il est possible que les tous derniers semis n’aient lieu qu’en juin. »
Vers Guémené, le planning est lui aussi « hyper chargé » Et Là encore, après avoir travaillé en 2 X 8 pour les ensilages, les chauffeurs vont travailler au même rythme pour les semis. La période est donc fatigante et intense pour tout le monde. « Mais comme les éleveurs, ils n’avaient qu’une envie : pouvoir attaquer les travaux », note Frédéric Daniel.
Pour les semis de maïs, la préconisation agronomique reste toujours la même : bien attendre le ressuyage complet des parcelles avant d’y pénétrer. Veiller également aux « mouillères » qui peuvent persister dans certaines parcelles.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier