Environnement : Chlordécone: les parlementaires réclament plus « d'expertise et de science »

B.BOUCHOT

Les parlementaires jugent indispensable de renforcer l'expertise et la connaissance des impacts sanitaires et environnementaux de la chlordécone, un pesticide utilisé pendant près de 20 ans aux Antilles pour protéger les bananes.

Il s'agirait à la fois d'établir une cartographie référencée des zones contaminées en Martinique et en Guadeloupe et d'étudier l'éventuelle contamination des eaux marines et des nappes phréatiques, laissées à l'écart du Plan chlordécone lancé en 2008.

« La cartographie a été mal faite sur terre et pas faite du tout en mer, or certains poissons et crustacés peuvent être contaminés » a indiqué Catherine Procaccia, sénateur UMP du Val-de-Marne, corapporteur avec le député (PS) Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle) du rapport sur « Les pesticides aux Antilles, bilan et perspectives d'évolution ».

Pour M. Le Déaut, « le système d'analyse en cours aux Antilles est trop lent et trop coûteux » qui implique d'envoyer les échantillons en métropole. « Il faut renforcer la science, la mise en place d'un pôle scientifique d'expertise aux Antilles », a-t-il insisté. Les deux rapporteurs de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques ont conduit une mission de près de 18 mois sur le sujet. Ils jugent également indispensable d'engager la dépollution des sols, soit par des méthodes industrielles, soit par moyens naturels.

Au plan sanitaire, alors que deux études épidémiologiques sont en cours - celle sur les cancers de la prostate sera publiée en juillet - ils suggèrent d'établir des taux sanguins de référence pour mesurer l'imprégnation de la population. Selon eux, une conférence de consensus d'experts permettrait enfin de fixer les « limites maximales de résidus » (LMR) acceptables de chlordécone, un pesticide utilisé de 1972 à 1993, mais dont la persistance dans les sols peut atteindre jusqu'à sept siècles.

Source d'après l'AFP

Publié par B.BOUCHOT

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