Epoisses : Des résultats encourageants

Avenir agricole et rural de la Haute Marne 52

Epoisses : Des résultats encourageants

Le Syndicat de Défense de l’Epoisses a organisé son assemblée générale à Esnoms-au-Val : bilan financier et rapport d’activités étaient au programme, ainsi que le Plan de Développement Rural 2014-2020 du Conseil Régional de Champagne-Ardenne.

Le président Jean-Louis Lachot est resté prudent : « Les transformateurs font des efforts pour valoriser l’époisses, nous avons un bon prix et une bonne production de lait. Mais tous les acteurs doivent répercuter leurs coûts de production dans les prix de vente. Mais je reste inquiet face à l’augmentation du prix des matières premières qui impacte la rémunération de nos producteurs. La réforme de la PAC est l’autre enjeu majeur, je lance un appel à l’anticipation pour être force de proposition ».

Un budget équilibré.

Les produits s’élèvent à 135 717 euros et les charges à 137 538 euros. Le volume d’activités a été particulièrement important l’année dernière, ce qui explique la petite perte de 1 821 euros, l’équilibre est réalisé avec le budget 2 014 tout en maintenant les mêmes cotisations depuis trois ans. L’écart de prix est maîtrisé grâce à la croissance des tonnages. Une partie du budget 2 014 est consacrée au développement des axes de communication.

Six exploitations laitières ont quitté la filière au cours de l’année 2013 (cinq arrêts et un départ en filière standard), tandis que trois nouveaux élevages ont été habilités. La production laitière 2 013 s’est élevée à 17 430 042 litres en augmentation de 3,7 % par rapport à l’année précédente. La production moyenne par exploitation est de 392 000 litres de lait. Le tiers de la production laitière pour l’AOP époisses provient de Haute-Marne. Les ventes d’époisses pour l’année 2013 ont poursuivi leur croissance à un rythme soutenu (+ 7,22 %) pour atteindre 1 389 tonnes. Les ventes nationales ont progressé de 6,31 % et celles qui sont à l’export de 9,51 %. Les ventes à l’étranger ne sont pas négligeables, elles représentent 28,4 % de la commercialisation totale.

Plusieurs contrôles.

Les quatre contrôles organoleptiques et les analyses physico-chimiques réalisés en 2013 sur les échantillons ont tous été conformes. CERTIPAQ a réalisé des contrôles externes chez cinq producteurs de lait et deux transformateurs laitiers, aucun manquement grave n’est à signaler. Des contrôles internes ont également été effectués auprès de 21 exploitations laitières, de deux transformateurs laitiers et d’un transformateur fermier. Le pourcentage d’exploitations laitières conformes en tout point s’établit sur les deux années à 38 %. La plupart des manquements enregistrés sont d’importance mineure (aucun grave). Ainsi, en dehors de ces cas, 83 % des élevages sont conformes. Ce résultat est comparable à celui de la période 2010-2011, qui donnait un niveau de conformité de 88 %.

Au regard des manquements majeurs : sept sont à déplorer dont deux mineurs récurrents sur des dispositions complémentaires au cahier des charges, ne touchant pas directement le produit (cahier d’épandage non mis à jour, plan d’alimentation des génisses non disponible). Tous ont été levés par les éleveurs dans les délais demandés par le Comité de Conciliation.

Actions de « développement durable ».

17 exploitations laitières, représentant 40 % des élevages engagés de la filière ont fait réaliser un diagnostic énergétique. Douze exploitations laitières (28 % des élevages) se sont équipées en récupérateur de calories ou en panneaux solaires, permettant de réaliser des économies énergétiques substantielles, évaluées au plan global de la filière à 60 MWH par an.

Une étude « Analyse de Cycle de Vie » a été réalisée par le cabinet « Ecoconcevoir » auprès de tous les transformateurs. Les résultats (portant sur l’année 2012) tendent à montrer que, comparés à d’autres produits fromagers, l’époisses est sensiblement moins impactant, compte tenu de l’organisation de la production laitière et des techniques fromagères en place. L’étude a permis également d’identifier les enjeux majeurs de la fabrication, au regard du cycle de vie de l’époisses : consommation d’eau et d’énergie fossile sont les deux points principaux d’amélioration qui peuvent jouer fortement sur les résultats globaux.

Plan de Développement Rural 2014-2020.

Les Conseils Régionaux de Bourgogne et Champagne-Ardenne ont proposé un conventionnement spécifique des Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine (SIQO) comme c’est le cas pour les produits sous label AB. Pour répondre à cette initiative, il semble indispensable de créer une structure collective regroupant les ODG (Organismes de Défense et de Gestion) et de les représenter auprès des instances régionales. Cette structure pourrait prendre le nom d’ « Association des fromages, beurre et crème IG de Bourgogne-Champagne ». Pour la création des statuts, il est proposé de s’inspirer des expériences existantes (comme l’Aftalp, association des fromages de Savoie) en visant des statuts simples et sans cotisations pour les ODG. La future association pourrait être domiciliée à l’ARIA (Association Régionale des Industries Alimentaires) de Bourgogne.

Le PDR est actuellement en négociation avec les services de la Commission Européenne, il sera mis en place à la fin de l’année. Même si le Ministère décide des enveloppes à distribuer, ce sont les régions qui s’occupent de la gestion. Patricia Andriot du Conseil Régional de Champagne-Ardenne a présenté la répartition des fonds, définissant les axes de développements. « Le Conseil Régional met l’accent sur les nouvelles installations car le taux de renouvellement en Champagne-Ardenne est trop faible, nous sommes sur un objectif de 250 installations aidées en 2020. Nous allons doubler les surfaces en agriculture biologique car la région a du retard et focaliser les aides du FEADER sur l’élevage » explique Patricia Andriot. L’enveloppe FEADER est de 201,7 millions d’euros pour la région, 30,7 millions seront reversés pour l’aide à l’installation. 15 millions d’euros seront disponibles pour la conversion et le maintien de l’agriculture biologique. Pour les Mesures Agro Environnementales et Climatiques (opérations systèmes, engagements unitaires, apiculture et espèces menacées), elles devraient concerner 195 000 ha pour une enveloppe FEADER de 40,34 millions d’euros.

Le site internet consacré à l’époisses a été totalement refait, rendez-vous sur :

www.fromage-epoisses.com

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