Et si l'agriculture cantalienne osait une “culture d'employeurs” ?

R. Saint-André

La Fédération départementale des groupements d'employeurs agricoles et ruraux a tenu son assemblée générale jeudi 3 juin à Aurillac.

Et si on se mettait à plusieurs pour embaucher quelqu'un et se libérer chacun un peu de temps ? Voilà une question qui pouvait paraître saugrenue, il y a seulement une douzaine d'années, et qui aujourd'hui a fait son chemin. La réponse passe par le principe du groupement d'employeurs. Un système amené à se développer, compte-tenu d'un surcroît de besoin de main d'oeuvre sur les exploitations agricoles. Cinq nouveaux groupements ont vu le jour dans le département en 2009, générant cinq nouveaux emplois sous contrat à durée indéterminée. Ce qui porte à 73 le nombre de groupements dans le Cantal. Ces groupements d'employeurs agricoles et ruraux sont fédérés depuis 1998 au sein de la FDGEA (qui n'en comptait que onze lors de sa création), devenue FDGEAR, depuis 2007. Une lettre de plus pour signifier l'ouverture de ces structures à d'autres corps de métiers, mais toujours dans le domaine rural.

Emploi partagé entre acteurs du monde rural

Ainsi, artisans, agriculteurs et collectivités peuvent-ils partager un même employé auquel des missions relativement proches et/ou cohérentes sont confiées. Sans doute encore trop méconnue, la FDGEAR que préside Jean-Marie Fabre, est bien décidée à maintenir son action sur le terrain pour promouvoir le dispositif et répondre aux attentes des agriculteurs, en terme d'information ou d'accompagnement à la constitution d'un groupement. Car les besoins sont bien présents, comme en atteste une récente enquête conduite par le Pôle emploi agricole et rural du Cantal qui regroupe la FDGEAR, le groupement départemental Agri-emploi 15, le service de remplacement GEArac et la FDSEA. Près de 20 % des chefs d'exploitations sondés cherchent une solution pour alléger la somme de travail qui leur incombe : labours, moissons, clôtures, ensilages, foins, soins aux animaux. Dans ses réponses, la fédération des groupements d'employeurs insiste sur la notion de “temps partagé”. Car si un salarié motivé et compétent risque de ne pas signer un temps partiel sur un contrat à durée déterminée, il n'hésitera peut-être pas à s'engager dans un temps complet à durée indéterminée, fusse-t-il partagé entre plusieurs employeurs. Se faire connaître auprès des employeurs potentiels ne suffira pas à la fédération pour poursuivre son développement. Il lui faudra aussi valoriser l'emploi salarié. Une des orientations décidées lors de la dernière assemblée générale.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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