Et si on se mettait au méteil ?

P.Olivieri

Et si on se mettait au méteil ?
Trois bandes ont été implantées par le Gaec Boussac avec trois mélanges différents d’espèces Téran - P.O

Le GVA d’Aurillac-Vic a présenté le 13 juin les caractéristiques et atouts du méteil, un mélange cultural économe qui peut être ensilé, enrubanné ou encore moissonné.

Econome, riche en protéines, ne nécessitant ni désherbant ni fongicide : au banc d’essai fourrager, le méteil a plus d’un atout dans son sac comme l’ont démontré vendredi 13 juin les intervenants d’une visite d’essais à Arpajon et Carlat organisée par le GVA d’Aurillac-Vic et la Chambre d’agriculture dans le cadre de la campagne Innov’action. Une visite, loin d’être académique, qui a pris au contraire des allures bien plus riches d’un cercle d’échanges avec les remarques, interrogations, conseils divers et variés des éleveurs présents ayant eux-mêmes expérimenté cette culture, des agronomes et techniciens de Bovins croissance, de Cantal conseil élevage et des  établissements Téran. Le Gaec Boussac à Imbert d’Arpajon-sur-Cère a semé à l’automne 4 ha de différents mélanges de méteil avec un objectif : “Ne pas acheter de protéines, c’est ce qui coûte le plus cher aujourd’hui, a expliqué Cyril Brommet, associé avec son épouse et son père. On voudrait devenir autonome en associant méteil et luzerne afin d’alimenter nos veaux avec notre propre préparation luzerne et céréales.” Des céréales dont la part a augmenté dans l’assolement (140 ha de SAU) avec cette même ambition d’autonomie en paille et grains. Sachant que le Gaec, jadis laitier, a récemment reconverti intégralement son élevage en troupeau allaitant avec 65 allaitantes et leur renouvellement en regroupant deux exploitations. Les Brommet ont par ailleurs pris en engraissement des babynettes (génisses croisées salers-charolais) pour rentabiliser un bâtiment et valoriser l’ensilage de maïs. “Mais l’ensilage de maïs coûte cher et il faut que ça avance ; or avec 30 génisses en engraissement, ce n’est pas le cas, on s’est donc aussi posé la question d’ensiler le méteil, ce qui reviendrait deux fois moins cher qu’avec du maïs”, a exposé Cyril Brommet qui, pour l’heure, va récolter du méteil à moissonner.

 

Un triple intérêt

“Le principe de cette culture, c’est de mettre en place plusieurs espèces de céréales à paille et de les mélanger avec des légumineuses, notamment du pois fourrager ou encore de la vesce”, a rappelé Christophe Chabalier, ingénieur agronome à la Chambre d’agriculture. Ces mélanges présentent un triple intérêt : agronomique avec une céréale qui va servir de tuteur à la légumineuse et une bonne complémentarité des cultures pour faire face aux adventices. Le mélange joue aussi un effet barrière vis- à-vis des maladies et ravageurs malgré une forte pression de la rouille jaune cette année. Enfin, grâce à ses nodosités, le pois fixe l’azote atmosphérique et permet donc une réduction des apports azotés tout en enrichissant les fourrages en protéines. L’implantation d’un méteil doit se raisonner en nombre de grains au mètre carré en visant une densité de semis de 300 à 350 grains/m2. Si la culture est ensilée, la densité de grains de la protéagineuse doit être de l’ordre de 50 gr/m2 ; si c’est une culture grains, on ne dépassera pas 30 gr/m2. “Au-delà, le tuteur ne sera pas assez costaud pour maintenir la plante”, a précisé l’expert.

 

 

Viser le bon stade de récolte

Généralement, le mélange comporte du triticale, du pois et de la vesce mais cette dernière est déconseillée dans le cas d’un méteil grain car elle reste verte plus longtemps. On peut aussi associer de l’avoine  pour son effet couvrant à raison de  30 gr/m2. Le semis se fait à l’automne à 2-3 cm de profondeur. La fertilisation doit couvrir les besoins en potasse et phosphre ; quant aux apports azotés, ils sont limités à 30-40 unités en sortie d’hiver. En matière de désherbage, il n’existe aucune solution technique et réglementaire, la maîtrise des adventices repose sur la rotation culturale et, éventuellement, un passage de herse étrille. La récolte en ensilage ou enrubannage se fait entre le stade floraison de la légumineuse et le stade laiteux-pâteux de la céréale (soit un mélange autour de  40 % de matière sèche (MS). Au-delà de ce stade, la valeur alimentaire et le rendement du mélange n’évoluent plus contrairement au taux de MS. Le fourrage devient alors très difficile à conserver et il convient donc d’être très vigilant et réactif autour de ce stade. Pour un méteil moisson (rendement autour de 45 qx), il faut essayer d’implanter des espèces arrivant à maturité conjointement, sachant que les céréales, généralement plus précoces, peuvent attendre quelques jours sans perdre de grains. Le méteil ensilé tôt peut être suivi d’un maïs. Le méteil moisson peut, lui, laisser la place à des cultures dérobées (moha ou sorgho fourrager) récoltées en octobre.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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