Etats généraux : "dorénavant, les prix seront définis à partir des coûts de production" (Macron)

Etats généraux : "dorénavant, les prix seront définis à partir des coûts de production" (Macron)

Emmanuel Macron a annoncé mercredi une loi pour rééquilibrer les contrats commerciaux entre agriculteurs et distributeurs, à condition qu'ils réorganisent leurs filières de production, dans un discours très attendu visant à augmenter le revenu des paysans en crise.

Accords de libre-échange

Emmanuel Macron a également cherché à rassurer les éleveurs et producteurs de viande bovine, inquiets des négociations commerciales en cours avec les pays du Mercosur en Amérique Latine, en indiquant que selon lui cette négociation ne pouvait pas aboutir sur la base d'un mandat donné en 1999.A l'adresse des associations de consommateur, il s'est engagé à ce que le Ceta, l'accord de libre échange conclu entre l'UE et le Canada entré provisoirement en application le 21 septembre, respecte les normes européennes de santé et d'environnement.

"Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production" a déclaré le chef de l'Etat à mi-parcours des Etats généraux de l'alimentation, à Rungis (Val-de-Marne).  L'ambition du président est de trouver les moyens de mettre un terme à la paupérisation de la profession agricole, tout en répondant à la forte nécessité de transformation du secteur pour répondre aux attentes sociétales et environnementales des Français. "Nous devons repenser collectivement une nouvelle France agricole" a lancé M. Macron aux agriculteurs, industriels, distributeurs et élus réunis sur le marché de gros de Rungis. 

Interrogé en fin de journée sur France Info, Jean-Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries agro-alimentaires (ANIA), a valorisé la volonté du Président de la République de passer d'un "prix prédateur" à un "prix rémunérateur." Il a estimé par ailleurs que le consommateur ne sentirait pas ou peu la différence. Pour lui, il est question de "15 euros par ans par foyer."

François Bayrou, invité sur RMC jeudi matin, a salué la volonté d'Emmanuel Macron de "vouloir inverser la tendance" et a félicité "un projet de société."

 

Premier semestre 2018

La loi devrait être présentée et adoptée via des ordonnances "au premier semestre 2018", a dit M. Macron en demandant une "transformation profonde" du secteur, et en exigeant que chaque filière de production agricole (lait, viande, céréales, etc..) lui présente "d'ici la fin de l'année" sa "stratégie". "Nous ne devons pas avoir une approche uniforme", il continuera d'y avoir une "pluralité productive", et des "dynamiques régionales" qui doivent rester fortes, a-t-il ajouté en citant le bio, les labels, les régions, et notamment les "territoires ultramarins", qui seront "accompagnés" dans cette transformation. "Je souhaite que la distribution et les industriels participent" à ce travail, a-t-il précisé. Les "contrats de filière" ainsi bouclés serviront aussi de base à la position de la France pour bâtir la future Politique agricole commune (PAC) européenne, qui doit voir le jour après 2020, a-t-il dit.

 

Bio : objectif 50% d'ici 2022

   
Sur le plan technique, la décision de relever le seuil de revente à perte (SRP) de la grande distribution, très attendue par les agriculteurs, dépendra du bouclage des stratégies de chaque filière. Le seuil de revente à perte est le prix minimum en dessous duquel les distributeurs n'ont pas le droit de vendre.  

 

Changer les modèles productifs

Le président a réaffirmé son engagement de campagne d'atteindre "50% de produits bio ou locaux d'ici 2022 en restauration collective", un objectif qui va permettre de modeler selon lui les schémas de production en France et relancer l'agriculture et l'agroalimentaire. "Vous devez vous organiser dans les territoires pour changer les modèles productifs", a-t-il dit.
Ce changement de paradigme passe par un "arrêt" de certaines productions qui ne correspondent plus au goût des consommateurs et ne s'inscrivent pas dans la concurrence internationale. Emmanuel Macron s'est engagé à clarifier le droit à la concurrence, les agriculteurs étant tétanisés par le risque d'être accusés d'entente commerciale comme c'est arrivé par exemple pour "le cartel des endives". 

Sur le glyphosate, il s'est engagé à ne pas laisser les agriculteurs sans "solution", mais a réaffirmé l'objectif de "transformer le modèle agricole dans lequel nous nous sommes enferrés" qui "n'est pas durable".

Source ASL avec AFP

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Commentaires 15

AGREGATS

Il faudrait déjà que nos paysans connaissent leurs prix de revient..même si il y a eu des progrès, il reste encore beaucoup à faire..Nombreux sont encore resté à la marge brute...le cout de revient devrait d'ailleurs intégrer le travail; un facteur de production complétement bariolé..Des heures de travail apportées gratuitement par les voisins, les tontons, les papis te les mamies qui touchent des retraites de misère..tout est à remettre à plat..De plus de nombreuses petites structures ne sont plus dans le coup...Comment rivaliser avec les pays de la mer noire ou plus de 40000 exploitations font plus de 5000 hectares...

jp

bientôt en vente à RUNGIS : Macroneries de toutes sortes ....

fairytales

Qui peut m expliquer comment sera fixer le cout de production , certains vivent encore à 32 ct du litre quand d autres font faillite à 40cts
la partie exporte du lait sera payée combien ? Pour du ble on exporte la moitié on ne pourra pas imposer un prix aux acheteurs
Ça paraît mal embarque

DOM

Robin, on avait remarqué que tu n'aimais pas Macron. Des insultes depuis des mois et des mois, il est vrai que c'est super constructif. Il me semble pourtant que ce qu'il propose est réclamé par tout le monde depuis des années. Ou alors ce qui te dérange le plus comme beaucoup d'autres, c'est quand il dit qu'il va falloir changer le modèle agricole. Pourtant ceux qui ne l'ont pas attendu pour le faire ont déjà remarqué depuis longtemps que ce n'était pas si idiot !

Robin

y'a une citation qui résume bien tout cela : Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent !!! Je ne pense pas que les agri croient encore au pére Noel, du moins pour ma part ce n'est plus la cas !!! Mais Macron sais bien que ce qui lui importe c'est de marquer les esprits, et peut importe si il ne tient pas ses engagement, il dira que c'est la faute d'autres que lui, et la population ne retiendra que son désir d'avoir voulu bien faire. En gros c'est qu'un baratineur !!!

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