États généraux : la FNSEA souhaite « des frappes chirurgicales » sur la LME

Lise Monteillet

États généraux : la FNSEA souhaite « des frappes chirurgicales » sur la LME

Afin d’avancer rapidement sur la question du prix payé aux producteurs, Christiane Lambert propose de revoir une partie de la réglementation et de renforcer l’organisation des producteurs.

« S’il ne sort rien des États généraux, il y aura une grande déception », prévient Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA. La date de lancement des États généraux de l’alimentation a été arrêtée au 20 juillet, en présence du président de la République. La FNSEA espère que ces travaux permettront aux agriculteurs de mieux vivre de leur métier. « On n’est pas naïfs sur les forces en présence », explique la présidente de la FNSEA. Mais celle-ci affiche une posture « offensive » et « optimiste ».

Ces États généraux se dérouleront en deux parties. C’est sur le premier volet, consacré à la création et à la répartition de la valeur, que la FNSEA est très active. Christiane Lambert propose « des frappes chirurgicales » sur la loi de modernisation de l’économie (LME), plutôt qu’une révision complète, jugée trop longue à mettre en œuvre. De même, la FNSEA est favorable à une amélioration et un meilleur respect de la loi Sapin 2.

Le syndicat majoritaire mise ainsi sur des « ordonnances » qui pourraient être prises rapidement en matière d’encadrement des promotions et concernant le seuil de revente à perte. « La politique de prix bas, poussée à l’extrême, conduit à détruire de la valeur. Il faut arrêter cela, car la variable d’ajustement, c’est le producteur », explique Christiane Lambert. Elle appelle à « remettre les prix en marche avant ».

Christiane Lambert regrette par ailleurs « l’appauvrissement des missions des interprofessions », bridées par un droit de la concurrence trop « pointilleux ». De même, « les organisations de producteurs doivent pouvoir négocier et parler entre elles », souligne-t-elle. « Nous devons prendre une résolution en France sur ces sujets pour aller ensuite les porter au niveau européen », insiste la présidente.  

Au-delà des évolutions réglementaires, la FNSEA souhaite développer la contractualisation dans les filières, source de sécurisation des revenus. Le syndicat est aussi favorable à davantage de « segmentation » des marchés agricoles. Par exemple, la France « importe 80 % de porc bio », selon Christiane Lambert.

Le second chantier des États généraux, qui se déroulera au cours du dernier trimestre 2017, sera consacré au lien entre alimentation, société et environnement. La FNSEA se montre vigilante sur ces questions : « le comble serait de créer des règles nouvelles, tandis que nous travaillons en même temps sur une loi de simplification », commente Christiane Lambert. 

Pour consulter l'intégralité du dossier consacré aux Etats généraux de l'Alimentation

Sur le même sujet

Commentaires 2

gg44

je dirais plus, impossible l"agriculture raisonnée avec des agriculteurs déraisonnables

CRASH38

Il suffit de lire sur le site du commissariat général au développement durable (CGDD) ce que les bio nous préparent :" Par ailleurs le Commissariat général au développement durable fera des propositions pour que l’agriculture durable soit soutenue par des outils économiques subventionnels (soutien à l’agriculture biologique) ...". L'agriculture durable est l’agriculture bio !!! Pas de place pour l'agriculture raisonnée et les agriculteurs raisonnables !!! On attend de voir le montant des exportations des produits bio !!!! comparé à celui de l'agriculture raisonnable !!!

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier