États Généraux : recentrer le débat sur la compétitivité de l’agriculture française

États Généraux : recentrer le débat sur la compétitivité de l’agriculture française
Xavier Beulin : "Nous n'investissons pas assez dans la recherche, l'innovation, la modernisation de nos outils"

La FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et les membres du Conseil de l'agriculture française * ont décidé d’organiser des États généraux, durant le mois de février, pour redonner des perspectives au secteur agricole et obtenir des réponses sur certains sujets oubliés, selon eux, par la Loi d’Avenir.

Libérer les énergies, entreprendre, innover, redonner des perspectives à l'agriculture française... Voilà les quelques motifs avancés par le président de la FNSEA, Xavier Beulin, pour justifier l’organisation d’États Généraux de l’Agriculture en février prochain.

Alors que les débats parlementaires ont débuté lundi sur la Loi d’Avenir,  le principal syndicat agricole, avec les membres du Conseil de l'agriculture française*, veut en effet organiser une journée de réflexion pour recentrer le débat sur la compétitivité de l’agriculture française. "Cette loi n'apporte pas toutes les réponses, donc nous aussi on veut en apporter",  commente le président des Jeunes Agriculteurs, François Thabuis.

FNSEA, JA, Coop de France, les Chambres d'agriculture et la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du Crédit Agricole (CNMCCA) comptent tenir  ces Etats généraux avant le salon de l'agriculture (du 22 février au 2 mars à Paris). Ils espèrent  la présence de plusieurs ministres et du premier ministre, Jean-Marc Ayrault,  pour obtenir  des réponses « claires » sur certains sujets.

Les agriculteurs réclament notamment la simplification des dossiers  administratifs et fiscaux, des moyens pour investir et moderniser les exploitations ou encore un allègement du coût du travail et de la réglementation, explique Xavier Beulin.

"Nous lançons un véritable cri d'alarme depuis la rentrée face à une compétitivité de nos coopératives qui ne cesse de se dégrader", ajoute le président de Coop de France, Philippe Mangin. De son côté,  Dominique Lefebvre, président de la CNMCCA, attend des réponses notamment en termes d’assurances. « La protection des risques est devenu cruciale, notamment contre les aléas économiques (...) Il faut partager ce risque », explique-t-il.

* Le Conseil de l'agriculture regroupe différentes familles de l'agriculture : FNSEA, JA, Confédération nationale de la mutualité, 
de la coopération et du crédit agricoles (CNMCCA)et Chambres d’Agriculture (APCA).

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Commentaires 1

geo

Cette recherche absolue de la compétitivité s'est traduite une érosion toujours plus forte du nombre d'exploitations et une forte mutation dans nos campagnes. Au nom de cette compétitivité, l'individualisme et la concurrence entre exploitation se sont accrus, sans que pour autant l'agriculteur puisse vivre de manière décente de son métier. Au nom de cette compétitivité, l'agriculteur a oublié de respecter son principal outil de production, l'outil foncier. En 2014, le syndicat majoritaire continue de prôner cette compétitivité destructrice qui profite seulement à 5% des exploitants français. Il continue de défendre ce système où tout revenu est conditionné à des aides, ces mêmes aides qui permettent de dicter la voie à suivre.
Quant aux coop, difficile tirer la sonnette d'alarme quand on observe le mouvement de restructuration incessant. Si il y a rachat, cela signifie qu'il y a des capitaux disponibles quelque part. Pour le Sud Aquitaine, 3 coop se partagent 80% du marché.

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