États généraux : une charte est signée entre tous les acteurs, dont Leclerc

Lise Monteillet

états généraux charte
La charte a été signée le 14 novembre au ministère de l'Agriculture.

Après plusieurs semaines de tractation, un accord a finalement été conclu aujourd’hui entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, à l’issue du premier chantier des états généraux de l’alimentation.

« Il ne manque personne autour de la table », s’est réjoui Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture. Même Michel Edouard Leclerc a décidé de s’engager dans cette charte, alors qu’il avait fait part à la presse, à plusieurs reprises, de son opposition à certaines propositions des états généraux. Le texte a nécessité 35 versions de travail avant d’obtenir un consensus, ont rappelé plusieurs signataires.

Cette charte n’est pas « juridiquement opposable », précise Stéphane Travert, mais elle engage tous les acteurs « politiquement et moralement ». Elle doit « faire le pont » jusqu’aux prochaines étapes. Des plans de filière sont notamment attendus dans les semaines à venir, ainsi que la fin du second chantier des états généraux. Mais c’est un projet de loi, promis pour le premier trimestre 2018, qui viendra parachever les discussions. Celui-ci contiendra « un volet relatif à la contractualisation, un volet relatif à la médiation et à l’arbitrage, un volet relatif au seuil de revente à parte et aux promotions », précise le ministre de l’Agriculture.

Que contient la charte ?

L’ensemble des acteurs acceptent de « relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition ». En ligne de mire : « le paiement de prix justes » aux agriculteurs. Tous les signataires devront promouvoir une contractualisation « fondée sur la construction des prix à partir de l’amont », qui prend en compte les coûts de production des produits agricoles.

Il est également question d’assurer au consommateur « une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous » ainsi que de « poursuivre la transformation des systèmes agricoles et agroalimentaires ».

Leclerc accepte de signer, la FNSEA « prend acte »

L’ensemble des syndicats agricoles ont salué la signature de cette charte, y compris la Coordination rurale qui s’était montrée plutôt sceptique quelques mois plus tôt. Pour Bernard Lannes, son président, il s’agit « d’un grand pas » de franchi, même si « les résultats ne seront pas immédiats ».

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, espère que « l’esprit des états généraux » soufflera jusque « dans les box de négociation », dès cette fin d’année. « Je prends acte de la présence de Michel Édouard Leclerc », déclare-t-elle. Et d’ajouter : « je ne suis pas amnésique (…) Jusqu’au bout, il a essayé de modifier l’esprit de la charte ».

Michel Édouard Leclerc a, pour sa part, précisé qu’il aurait préféré « une inversion du processus », à savoir commencer par des engagements en faveur d’une agriculture plus saine. « Nous avons des divergences qui doivent pouvoir s’exprimer », insiste-t-il. Il rappelle, en outre, que les organisations de consommateurs ne sont pas signataires du document. « Ce débat n’est pas le premier et ne sera pas le dernier », a-t-il mentionné. Des propos jugés « cyniques » par la présidente de la FNSEA, agacée par l’attitude de Michel Édouard Leclerc.

groupe charte

Tous les acteurs ont été réunis pour signer le document, qui a suscité des tensions lors de son élaboration.

Sur le même sujet

Commentaires 8

bisounours

bla,bla,bla bla...
400€/T .

jp

c'est génial ! un produit acheté au producteur ne sera plus vendu 10 à 20 fois plus cher en grande surface ...... le père Noël a du pain sur la planche cette année...

DIGUE3942

A BEAU : bravo pour ton commentaire.

Beau

le prix du beurre n'est plus côté.... Qui a intérêt à ce que nous soyons rémunérés de nos productions? La DGCCRF non plus ne fait pas son boulot: ils acceptent le regroupement des enseignes, pour nous privés de tout. Bientôt il n'y aura plus d'éleveurs. Mais cela ne fera que le bonheur des importateurs de viandes Hormonées ou ayant été javellisées... Bien sur avec des antibiotiques... On oubli trop souvent de faire la promotion de nos productions: les journalistes au lieu de s'occuper de Leclerc, ne font que nous accabler. Ils ne savent pas que nous produisons sans OGM, sans antibiotiques, sans...pesticides. Nos productions conventionnelles sont reconnues internationalement, mais pas en France.

Bonjour

Une campagne de communication antileclerc serai une bonne solution pour qu'il arrête de prendre les producteurs et les consommateurs pour des imbéciles.Si un journaliste d investigations pouvais nous faire un bon reportage sur ce Monsieur et ces pratiques commerciales cela nous aiderait bien.Il faut nous aussi producteur acteur du monde agricole communiquer sur comportement de cette enseigne.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier