Euronext cherche à compléter son offre dans le domaine agricole

Crédit Agricole – Service Expertise

Euronext cherche à compléter son offre dans le domaine agricole

Après les produits laitiers (poudre de lait, lactosérum et beurre), lancés au début de 2015, et le sucre blanc annoncé pour la fin de 2016, le marché à terme européen prévoit maintenant aussi un contrat sur les engrais azotés.

Euronext cherche à compléter son offre dans le domaine agricole

Commentaire

Pour le lait et le sucre, ces lancements ont été déclenchés par la déréglementation des marchés : la fin des quotas laitiers et sucriers conduit à anticiper un volume de production accru assorti d’une volatilité des prix encore plus forte.

Cependant, le marché à terme ne va pas de soi comme alternative à la gestion publique. Il est d’abord coûteux car il faut rémunérer les opérateurs et intermédiaires. Il est ensuite imparfait (manque de convergence entre prix physiques et à terme dans certains cas, perte de compétitivité en cas de couverture qui s’avère perdante, et entrée des acteurs financiers qui contribuent parfois à la volatilité). Néanmoins, pour les produits où le recours aux marchés à terme est devenu une habitude, beaucoup de contrats sont maintenant dits « à prime » : le prix du contrat commercial s’exprime comme une différence avec le prix du marché à terme, chaque contrepartie faisant son affaire de la couverture à terme elle-même.

La mise en place de tels modes de fonctionnement prend de longues années, comme ce fut le cas pour les grains. Les offres de cotation à terme existantes concernant le lait et les engrais ne sont pas pour l’instant un succès : les contrats offerts sur Euronext, sur EEX (European Energy Exchange) sont peu liquides, et c’est le cas même à Chicago, principal marché de produits agricoles. Les engrais azotés sont aussi cotés par EEX et à Chicago, sans liquidité.

Le sucre, lui, est coté classiquement à New York (sucre brut) et à Londres (sucre raffiné). Dans ce dernier cas, la séparation entre Euronext et Liffe en 2014 a laissé le sucre blanc à ce dernier. Euronext veut se démarquer avec un contrat qui portera sur le marché européen du sucre, en euros, et non sur le marché international. Des industriels doutent cependant de sa pertinence, compte tenu du faible nombre d’acteurs en Europe.

Les marchés à terme sont en concurrence entre eux pour être dominants sur des combinaisons produit et marché, sachant qu’à chaque fois un seul contrat a des chances d’atteindre la liquidité nécessaire. Euronext est dans ce cas pour le blé tendre (ex Matif), le colza et dans une moindre mesure le maïs en Europe. Mais le CME de Chicago monte depuis des mois un projet de contrat concurrent sur le blé : en euros lui aussi, il reposerait sur des points de livraison chez des collecteurs autour de Rouen. Les obstacles juridiques seraient en voie de résolution : des complications à prévoir sur le marché.

Voir tout le dossier :  http://etudes-economiques.credit-agricole.com/medias/Prisme14_juin2016.pdf

Source : PRISME - Agriculture et Agroalimentaire, une affaire d'experts - n° 14 - Juin 2016

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