Europe : La Cour des comptes dénonce la libéralisation de l'agriculture

SC avec AFP

Dans un rapport, la Cour des comptes européenne dénonce la libéralisation de l'agriculture dans l'UE qui comporte, d'après elle, des risques jugés « majeurs ».

La Cour juge nécessaire de continuer à superviser l'évolution du marché du lait et des produits laitiers pour éviter que la libéralisation du secteur ne conduise à la réapparition d'une situation de surproduction.

Cette libéralisation présente des « facteurs majeurs » de risque, avertit le juge Julius Molnar. Il s'agit notamment de la volatilité des prix qui, selon lui, peut « recréer rapidement des excédents importants ».

Il estime également que l'accélération de la restructuration du secteur présente le « risque d'une concentration géographique toujours accrue de la production et la disparition d'un très grand nombre de producteurs dans les zones rurales défavorisées» .

Ces critiques visent directement les réformes européennes du marché du lait qui prévoient la suppression des quotas et la mise en place d'aides à la reconversion des agriculteurs.

Les Européens divisés

Pour autant, «il serait inapproprié pour la Cour de dire que les quotas devraient être maintenus, même si c'était son point de vue », souligne Edward Fennessy, expert agricole à la Cour.

« Ce rapport est une contribution au débat, mais nous n'en partageons pas toutes les conclusions », lui rétorque le porte parole de la commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel. A ses yeux, il n'y a pas surproduction mais simplement une baisse conjoncturelle de la demande de produits laitiers liée à la crise économique.

La publication de ce rapport arrive à point nommé, avant la réunion de lundi à Luxembourg des ministres de l'Agriculture européens où doivent être décidées des mesures d'urgence en faveur du secteur.

Les Européens restent divisés : La présidence suédoise de l'UE, le Danemark ou la Grande-Bretagne plaident pour la poursuite de la dérégulation du secteur. Face à eux, la France et l'Allemagne ont constitué un front de 21 pays qui réclame la mise en place d'un « cadre régulatoire» et une aide supplémentaire de 300 millions d'euros en faveur des producteurs en 2010.

Publié par SC avec AFP

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