Face à la colère des éleveurs, le gouvernement prépare un plan d'urgence

Face à la colère des éleveurs, le gouvernement prépare un plan d'urgence

Le gouvernement s'est résolu mardi à passer à la vitesse supérieure et prépare un plan d'urgence pour tenter de répondre aux éleveurs en colère qui étendent leurs blocages à travers la France.

Signe de l'urgence de la situation, c'est le président François Hollande lui-même, en première ligne dans ce dossier depuis samedi, qui a annoncé la présentation mercredi de ce plan en conseil des ministres. La remise d'un rapport, très attendu, sur les prix de la viande bovine a également été avancée de 24 heures. Il sera présenté dès mardi soir au ministre de l'Agriculture par un médiateur indépendant.

Auparavant, Stéphane Le Foll participe à la mi-journée à une réunion sur les filières d'élevage à Matignon, avec le ministre de l'Economie et les secrétaires d'Etat au Commerce extérieur et au Budget.

Sur le terrain, les éleveurs normands ont étendu leurs blocages et leurs tracteurs bloquent l'accès à Caen et Evreux, au Mont Saint-Michel et aux ponts de Normandie et de Tancarville. Les manifestants ont aussi élevé des barrages sur plusieurs routes ou autoroutes de la région.

Les actions s'étendent au Sud-Ouest et à la Picardie

Les actions commencent à s'étendre ailleurs: dans le Sud-Ouest, une vingtaine de producteurs laitiers bloquent l'accès à la grotte de Lascaux 2, avec cinq tracteurs et deux bennes. En Picardie, des tracteurs sont en route vers Abbeville et Amiens, selon la FNSEA.

Le problème des prix du lait et de la viande, trop bas pour couvrir leurs coûts de production, doit être réglé au niveau "national", a insisté mardi Stéphane Le Foll, justifiant ainsi son refus de se rendre en Normandie comme le réclamaient les éleveurs locaux.

Des mesures de désendettement à l'étude

Parmi les annonces attendues, le gouvernement pourrait opter pour des mesures de désendettement des exploitations (un milliard d'euros de dettes cumulées selon la FNSEA) en prenant à sa charge une partie des intérêts. "Il va falloir sortir le chéquier dans la mesure du possible", juge le président de la FNB (fédération des éleveurs bovins) Jean-Pierre Fleury.

Le patron des Jeunes Agriculteurs (JA), Thomas Diemer, attend "des annonces fortes sur l'endettement et une mise au pas des acteurs de la filière qui ont refusé de s'engager sur les hausses de prix".

Mais si certaines mesures peuvent être bienvenues, elles ne sont pas la première revendication des éleveurs, rappelle la FNSEA.  "Ils n'attendent pas un plan d'aide, sauf pour les situations les plus délicates: ils attendent des prix", martèle Dominique Barrau, secrétaire général du 1er syndicat agricole.

Une situation tendue

Le rapport du médiateur des relations commerciales agricoles sera scruté de très près. Ce rapport vise à déterminer qui, de la grande distribution ou des industriels des abattoirs, manque à l'accord passé le 17 juin pour augmenter les prix d'achat de la viande bovine.

"On aura à partir de là une discussion pour voir ce qu'il faut faire pour tenir l'objectif", a expliqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Pour Thomas Diemer des Jeunes Agriculteurs, "le rapport du médiateur n'est pas une fin en soi mais il va nous aider à cibler plus finement les opérateurs en cause". Les troupes n'ont donc pas l'intention de désarmer et les opérations devraient se poursuivre la nuit prochaine.

La situation est si tendue que les JA s'inquiètent mardi, dans un communiqué, du risque de décourager la relève notamment dans le secteur laitier, alors que "40% des éleveurs laitiers partiront à la retraite dans dix ans."  "Si nous voulons relever les défis de demain et continuer à répondre à toutes les demandes, nous avons besoin d'eux", souligne l'organisation.

 

Source avec AFP / Photos Pleinchamp

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Commentaires 10

dadada

decidemment je suis encore ok avec toi hetre humain
sur on n'est pas couché, le foll disait a propos des fermes dites industrielles avec investisseurs exterieurs: ces gens là sont là pour gagner de l'argent ( sous entendu les paysans peuvent bosser san rien gagner )les paysans le font par passion
les agriculteurs n'ont rien compris au systeme , evidement que les politiques droite ou gauche sont pour le modele familial , une ferme ou un type bosse 80H pour pas faire faillite son pere lui donne un coup de main parfois tres important, sa femme fait en plus de son taf la compta , bref il faudrait 3 salariés pour remplacer une famille et 3 salariés qu'il faudrait payer eux , imaginez le cout de la nourriture, non le modele familial permet au politique de se contenter de maintenir la tete hors de l'eau des paysans en ecremant un peu a chaque crise , bilan les paysans continue gentiment de produire tete baissée, afin que le consommateur puisse profiter des 35heures
le syndicat n'est pas mieux puisqu il a persuadé ses adherents qu'a chaque suicide ou faillite ou suicide ce sera eux les derniers , mais souvent ce n'est pas c'est un type le rond de cuir syndical qui a deja 800ha a 25km , et puis il ne peut pas y avoir plusieurs derniers
c'etait l'occasion de tout renverser malheureusement je constate ce midi que le rendez vous est manqué , demain encore quelques suicides et quelques faillites et on revient apres demain pour bloquer un pont
y a encore quelqu'un qui croit ici à la vocation exportatrice de la france , la situation des charges sociales fait que sauf luxe , on fait un 100 m avec l'allemagne sauf que nous on a un epandeur de fumier attaché a au train en handicap , demain on en sera pas ds le tiercé
on a quand meme expliquer aux paysans voyez vous avez un produits qui vaut 1500 , on vous le paie 500 et on vous donne une prime de 500 , voila ca fera 1000,et puis apres on a dit ah oui par contre maintenant pour avoir droit aux primes il faut respecter tout ca , et on reviendra ds 5 ans rajouter une couche
le systeme est a bout de souffle , je le vois autour de moi cerealiers laitiers arbo maraicher tous tirent la langue sauf les viti et encore pas partout
et de toute façon on est bloqué avec le niveau de charges on ne sera jamais competitifs et si on se met a produire moins en privilegiant la qualité avec un vrai prix derriere , les gms et les francais se tourneront vers les importations

adada

moi je suis pour la solution melenchon pour la grece , on a des dettes on s'en fout on paie pas

POTEAU3716

de toute facon que veut tu attendre d un president incompetent et d un ministre de l agriculture bon a tout et propre a rien

@hetrehumain

il faudrait expliquer à ce cher journaliste que grace à la confédération paysanne et leurs amis les verts le mot "productif" est devenu un gros mot en France. ce cher journaliste a suremment participé à la diffusion de cette propagande

1584

@hetre humain : tu peux mesurer toute la force des médias toujours prêts à tout pour faire de l'audience , vendre du papier ..... mais bien manipulée par la classe gouvernante! en tout cas il va falloir durcir le ton ; que tous les départements bougent afin d obtenir autre chose que des mesurettes.

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