“Faites des reines !” pour que l’activité mellifère prospère

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Les apiculteurs du Cantal sont réunis aujourd’hui en assemblée générale à Saint-Flour. Exploitante en individuelle, Simone Roume est l’un d’eux. Retour sur sa saison.

Simone Roume, membre du réseau “Bienvenue à la ferme”, est installée à Loubaresse aux “Ruchers et ateliers de Margeride”. Ici, devant sa “ruche bulle” car sa passion est de transmettre son savoir.

Si une grande marque de lait concentré sucré avait un temps fait sa pub lactée sur “le miel des vaches”, les abeilles, en bonnes mini - “vaches volantes”, obéissent à la formule marketing mais aussi et surtout, économique. Et là, “2013 a été une mauvaise année du fait des conditions climatiques : pluie au printemps, et des abeilles qui n’ont donc pas trouvé leurs fleurs…” a constaté Simone Roume, apicultrice récoltante. Conséquence  : “Pas de rentrée de pollen et donc pas de développement du couvain.” En 2013, cette météo peu clémente a engendré pour elle “une stagnation de la production”. À cela s’ajoute la mortalité des abeilles, un phénomène répétitif. Engagée en vente directe, elle confie avoir déjà perdu, en 2009, la moitié de son cheptel et 60 % en 2011 : “J’avais alors heureusement pu récupérer une centaine de ruches pour refaire le cheptel.”

Varroas et pratiques agricoles

Pour autant, “il est difficile de dire avec certitude si c’est là l’effet des seuls pesticides… reconnaît-elle, car il y a aussi le varroa, parasite de l’abeille, mais aussi des pratiques agricoles qui, en affaiblissant la biodiversité, provoquent une carence en nourriture pour les abeilles. Trois néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques, utilisés en agriculture, ont aussi été interdits par les autorités sanitaires mais seulement pour deux ans, alors que leur rémanence dans les sols est de trois ans…” Et, souligne-t-elle, “c’est sur cinq ans qu’il faudrait expérimenter !” Cependant, l’année 2014 semble bien partie, avec peu de mortalité en sortie d’hiver. “Je fais des foires où nous échangeons entre collègues et il se parle de 10 à 15 % de pertes. C’est plutôt rassurant, du fait d’un hiver doux, mais nous ne sommes pas pour autant à l’abri de coups de gel qui pourraient compromettre une floraison en avance. Enfin, si les choses se poursuivent, on pourra compter je pense sur une meilleure production cette année.” Le juste retour de ce travail qui demande passion mais aussi force : “Je travaille 13 heures par jour en saison, sept jours sur sept.” Et, pour un peu plus de rentabilité, elle valorise son miel en le transformant : pain d’épices, guimauve, sablés... Un travail où il lui faut aussi assurer la transhumance des ruches, d’une soixantaine de kilos chacune, “si l’on veut récolter plusieurs variétés de miel”. Alors, elle émet une idée : “Pourquoi ne pas faire comme les Cuma, et avoir des ruches en commun entre apiculteurs”, ce qui permettrait “moins de voyages, de pollution…” Un des avantages des circuits courts.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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