Faut-il opter pour une réduction aidée de la production laitière ?

INSTITUT DE L'ELEVAGE IDELE

Aides à la réduction de la production laitière

Avec un prix du lait bas, notamment pour les éleveurs amenés à produire du lait payé au prix B, il peut être judicieux de réduire sa production laitière quand les coûts opérationnels de production sont supérieurs au prix de vente. Avant de prendre cette décision il est important d’étudier les solutions les plus intéressantes (baisse de la production par vache, lait aux veaux, réduction du nombre de vaches traites…). Cette solution doit être évaluée économiquement. Aussi, il est important de vérifier que cette réduction conjoncturelle des volumes ne fragilise pas l’exploitation à moyen terme (évolution des effectifs de vache, contrats….

Aides à la réduction de la production laitière

Des leviers techniques pour baisser le volume de lait produit à court terme

Les leviers opérationnels pour moduler le volume de lait produit sont connus (Voir notre dossier Solutions techniques et économiques pour ajuster les volumes de lait). Ceux-ci permettent d’accroître ou de diminuer la production de lait d’un élevage, à court ou moyen terme, avec trois domaines d’intervention : l’alimentation, la conduite du troupeau et la traite.

A l’examen des modalités de contractualisation de l’aide à la réduction volontaire et temporaire de la production laitière, quelques leviers de flexibilité semblent à privilégier : la réduction du concentré de production, la baisse du niveau protéique de la ration, l’avancement de la date de réforme ou celle du tarissement. La vente de vaches laitières en lactation ou de génisses prêtes à vêler pourraient s’avérer efficace sur la baisse de production, mais le marché pour ces animaux est peu porteur et l’objectif prioritaire est d’éviter toute décapitalisation et de ne pas entraver une reprise de production.La substitution de poudre par du lait entier distribué aux veaux est aussi un moyen de réduire la livraison de même que la monotraite.

Une projection individuelle préalable à toute contractualisation

Certains éleveurs ont déjà entamé une baisse de production, qui pourrait se traduire par un écart de livraison entre l’automne 2016 et la même période de 2015. Cette différence constitue de fait les premiers litres indemnisables (minimum : 1457 litres sur un trimestre). Il est donc indispensable d’établir un prévisionnel de livraisons pour les mois à venir d’autant plus qu’il permettra de déterminer le pourcentage de baisse et donc le niveau d’indemnisation (244,2€/1000 l jusqu’à 5% de baisse et 144,2€/1000 l au-delà).

Evaluer la mise en œuvre de leviers techniques sur les élevages

Il s’agit là aussi d’un chiffrage individuel indispensable à toute contractualisation qui permettra de déterminer la baisse de volume espérée et les incidences techniques et économiques de l’application d’un levier de flexibilité sur l’élevage. Généralement un simple budget partiel suffit pour donner un premier éclairage. Des éléments dits non chiffrables peuvent ensuite faire la différence.

Par exemple la réduction de l’apport d’un kg de concentré de production par jour et par vache pendant 90 jours peut entrainer une baisse quotidienne de livraison de 0.4 kg de lait assortie d’un gain de 0.4g de TB. Cette diminution de consommation de concentré se traduira par la hausse de celle des fourrages de l’ordre de 0.5 kg de matière sèche par vache et par jour (voir fiche technique).

Ainsi sur un troupeau laitier de 65 vaches (60 vaches traites sur la période) la baisse de livraison serait de 2160 l, soit une perte de 605€, indemnisée à hauteur de 527€. L’économie de concentré pourrait être voisine de 1700€ avec une surconsommation de fourrage à hauteur de 270€. Au final, la contractualisation de la baisse de livraison dans la tranche 0-5%, se traduirait par un gain d’environ 1500 €.

La présence de fourrages mobilisables sur l’exploitation est un préalable quasi indispensable de même que des vêlages groupés, un prix du lait très bas (prix B ?) une consommation initiale de concentré faible et un prix aliment élevé seront des éléments favorables.

D’autres leviers existent et l’association possible de la plupart d’entre eux peuvent rendre le niveau d’indemnisation attractif si peu qu’ils se cumulent avec une baisse déjà engagée des livraisons.

Voir le " Dossier Spécial"

La décision d’opter pour une réduction aidée de la production laitière doit pour des raisons de calendrier se prendre rapidement. Elle ne peut par contre se dispenser d’une évaluation technique et économique individuelle la plus fine possible, afin d’en déterminer l’intérêt pour l’éleveur. Nous proposons à cette fin des fiches guides sur chacun des leviers mobilisables pour accompagner les prises de décision .

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Commentaires 1

DD

Les fameux prix B et un jour peut etre Z ont été le couperet pour les prix !
Voyez dans le morbihan , les soit disant administrteur de coop sans doute plus paysans ou à loisir peut etre sont pour les cours mondiaux !
De leur discours c'est le prix de marché qu fait le cours du lait §

NON ne soyons pas dupe à ce jeux là , on ne vivra plus , il faut encourager à faire évoluer la production vers de la valeur ajoutée, de nouveaux produits des produits labellisé surl'origine , l'alimentation et on pourra mieux valoriser

Il sera toujours temps de faire du lait pour la poudre , le jour ou les prix seront respectueux !

En plus dans nos secteur , la météo nous a prescrit une année de vache maigre!!!!

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