FCO : Face à une maladie encore méconnue, la meilleure stratégie reste la vaccination

Patricia Olivieri

FCO : Face à une maladie encore méconnue, la meilleure stratégie reste la vaccination

Les responsables de l'Adeca, comme les pouvoirs publics, ont lancé un appel aux éleveurs pour tout mettre en oeuvre, et notamment la vaccination, pour lutter contre le virus.

On la classait dans la catégorie des maladies exotiques, elle a débarqué à l'été 2006 dans le Nord de l'Europe. Elle n'était censée toucher que les ovins, elle fait des ravages dans les cheptels bovins depuis 2007. On pensait que les signes cliniques seraient limités aux faibles symptômes constatés en 2006, la virulence du virus a explosé à l'automne dernier. La fièvre catarrhale ovine (FCO) ne cesse de réserver aux vétérinaires et autorités sanitaires de bien mauvaises surprises et d'inquiéter le monde agricole. Et si pour l'heure, les éleveurs cantaliens sont pénalisés par le blocage italien, ils sont encore fort heureusement épargnés par les conséquences sanitaires de cette épizootie. Mais comme on ne se prémunit bien que de ce qu'on connaît vraiment, les initiatives se multiplient dans le Cantal pour sensibiliser les exploitants aux symptômes d'une maladie - dont on dénombre plus de 18 000 cas en France - et les inciter à protéger les cheptels dans le cadre d'un plan de vaccination massif. L'Adeca a donc consacré une large part de son assemblée générale le 18 avril dernier à la FCO en proposant à ses adhérents, éleveurs et négociants, un éclairage précis alimenté par l'intervention de la DSV et d'un éleveur de l'un des 16 départements du Nord-Est “historiquement” touchés dès 2006.

“Avec la FCO, on n'est sûr de rien”

Mlle Pillu, chef du service santé et protection animale à la DSV, n'a pas caché que de nombreuses zones d'ombre persistaient sur cette fièvre non transmissible à l'homme. D'autant que les deux sérotypes recensés en France, le 8 dans la moitié Nord de la France et le 1, remonté d'Espagne, coexistent à ce jour dans certains départements. Face à cette situation sanitaire critique, la seule parade actuelle, en l'absence de traitement, mêle une désinsectisation des animaux, bâtiments, bétaillères... et la vaccination. Une vaccination qui suscite des remous dans la profession. D'abord parce qu'elle est devenue un enjeu commercial, suite à la décision unilatérale des autorités italiennes de l'imposer pour les animaux importés dans le pays. Ensuite, parce que les éleveurs, et notamment ceux devant transhumer leurs animaux en estives, ont du mal à comprendre les délais de mise à disposition des doses vaccinales et leur nombre a priori insuffisant. Enfin, parce qu'au-delà de son coût, le débat entre éleveurs et vétérinaires n'est toujours pas apaisé sur la responsabilité de cet acte confié par l'administration aux seconds. D'ailleurs, cette question a même valu des propos discordants entre la représentante de la DSV et le préfet Mourier. La première s'est dite confiante dans la capacité des 60 vétérinaires cantaliens à vacciner dans les tous prochains jours les 100 000 bovins transhumants (soit plus de 1 500 animaux chacun), afin qu'ils puissent partir en estive d'ici le 15 mai.

Le vaccin, seul rempart

Paul Mourier a lui confié ses doutes, en assurant les éleveurs qu'il prendrait ses responsabilités sur cette “vraie question”. Un préfet très au fait des préoccupations des éleveurs, qui a également annoncé un possible doublement des doses de vaccins destinées aux animaux transhumants, le premier recensement ayant omis de comptabiliser les mises à l'estive internes aux départements. S'appuyant sur le témoignage d'un éleveur de l'Aisne, il a appelé à une campagne massive et généralisée de vaccination. Celle-ci n'est en effet pour l'heure obligatoire que pour l'export et pour le sérotype 1 de la FCO. “Faisons tout pour ne pas ajouter à la crise économique une crise sanitaire”, a plaidé le préfet, qui a également rappelé l'implication de la France pour réduire les délais imposés par l'Italie. Des propos relayés par le président de l'Adeca, Denis Costerousse, qui a lui aussi incité vivement éleveurs et marchands à pratiquer une désinsectisation rigoureuse et à recourir à la vaccination du cheptel de souche. Et si certains craignent que les animaux vaccinés ne soient plus acceptés, chacun s'est accordé à écarter ces rumeurs pour l'heure infondées. Une chose est sûre, l'élevage va quand même devoir s'habituer à faire avec l'émergence d'hôtes exotiques indésirables.

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