FDPL 63 : Les éleveurs laitiers déterminés contre une baisse du prix du lait

David Perret

Des délégations de représentants locaux des producteurs de lait ont interpellé Sodiaal et la Société Fromagère du Livradois.

Le conflit entre producteurs de lait et transformateurs risque d'être long. En effet, les positions nationales des représentants des transformateurs sont dures. Des baisses de prix du lait sont envisagées de – 40 à – 70 euros/1000 litres sur le 4ème trimestre 2008 et de – 100 à
– 120 euros/1000 litres sur le 1er semestre 2009, selon ATLA(1).

Les raisons de la colère

« Ce sont des bases de négociation inacceptables et provocatrices » juge Pascal Servier, président de la FDPL du Puy-de-Dôme. « Les charges d'exploitation ont augmenté de 20 % en un an. Une baisse du prix du lait serait une catastrophe pour les éleveurs et leurs familles ». Il ajoute que les revenus sont la seule variable d'ajustement en cas de baisse du prix du lait. A qui la faute de cette situation tendue ? « Les pouvoirs publics, avec l'application de la Loi de Modernisation de l'Economie et l'interdiction de la recommandation interprofessionnelle, doivent prendre leurs responsabilités. Ils sont à l'origine d'une dérégulation totale sur le lait » accuse le président de la FDPL.

Pascal Servier, président de la FDPL, a conduit une délégation d'une vingtaine de producteurs auprès de Sodiaal.

Pascal Servier, président de la FDPL, a conduit une délégation d'une vingtaine de producteurs auprès de Sodiaal.

 

Quel sera le prix du lait pratiqué dans le Puy-de-Dôme ?

La réponse des transformateurs locaux rencontrés est évasive. Aucun chiffre n'a été avancé, hormis la confirmation d'une baisse du prix payé au producteur. Yves Soulhol, Directeur de Sodiaal Sud-Ouest et Didier Thuaire, président Directeur Général de la Société Fromagère du Livradois affirment tous deux avoir conscience des difficultés des producteurs. Cependant, aucun ne contredit les annonces faites par leurs représentants nationaux. Ils affirment rencontrer des complications sur l'année à venir. Le prix du lait sera, selon eux, de plus en plus fluctuant, même si des perspectives semblent se dégager à long terme. Enfin, selon David Cohade, membre de l'association des exploitants livrant à la SLVA, « M. Dischamp n'a pas annoncé de prix du lait aux producteurs, malgré une demande de clarification».

Une position professionnelle réaffirmée

« Il n'y a pas d'autres alternatives que de poursuivre et d'intensifier l'action syndicale » alerte la FDPL. David Cohade, le secrétaire général, appelle tous les producteurs à « se tenir prêts à agir pour la sauvegarde de leur métier et de leur revenu. Le rapport de force est inévitable ». Pascal Servier ajoute qu'« il y en a assez d'être les pourvoyeurs de la trésorerie de la distribution ou des industriels ». Actions à suivre.

(1)Association de la Transformation Laitière Française

La Société Fromagère du Livradois a été interpellée par Annie Marret, administratrice de la FDPL, accompagnée par une cinquantaine d'éleveurs.

La Société Fromagère du Livradois a été interpellée par Annie Marret, administratrice de la FDPL, accompagnée par une cinquantaine d'éleveurs.

 

Ils ont dit

Jean-Yves Ayel, délégué FDPL du canton de Viverols
« J'ai fait un rapide calcul : prenons l'exemple d'une exploitation laitière moyenne avec
150 000 litres de quota. Si le prix du lait chute de 50 ?/1000 litres sur 2009, c'est la moitié du revenu qui est perdu. Car c'est bien le revenu de l'éleveur qui est directement affecté ! Les charges, elles, ne vont pas diminuer ! ».

Bernard Mioche, délégué FDPL du canton de Pontgibaud
« Si une baisse du prix du lait est appliquée, ce sont des projets d'installation qui sont menacés. Lorsqu'on est insuffisamment rémunéré, comment faire face à des charges faramineuses de fioul, d'engrais ou d'alimentation animale ? ».

Charles Schiettekatte, délégué FDPL du canton de Menat
« Les exploitations agricoles du massif central ne peuvent pas supporter une chute du prix du lait alors qu'elles ont des coûts de production spécifiques. Si on veut encore produire du lait chez nous, où est l'appui des collectivités locales pour maintenir l'économie laitière sur nos territoires ? Pourquoi les transformateurs ne réussissent-ils pas à peser dans les négociations face aux distributeurs ? ».

Source Auvergne Agricole

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