FDSEA de l'Orne : Le contrat Diester Industrie ne fait pas le plein

Thierry Guillemot

FDSEA de l'Orne : Le contrat Diester Industrie ne fait pas le plein

La section “Végétales” de la FDSEA a invité, mercredi dernier, Grégoire Dublineau (directeur de la FOP) à ses travaux. Au menu : bilan de la manifestation du 27 avril, conjoncture et marchés, accord interprofessionnel sur la contractualisation des graines oléagineuses.

En invitant Grégoire Dublineau, directeur de la FOP (Fédération Oléagineux et Protéagineux qui regroupe 100 000 producteurs français), Jean-Pierre Prévost (président de la section “Végétales” de la FDSEA) souhaitait faire notamment le point sur le dossier contractualisation Diester Industrie. Constat : alors que les OS (Organisme Stockeur) avaient jusqu'à ce mardi 15 juin pour déclarer leurs contrats, l'objectif des 650 000 ha sera loin d'être atteint. Du côté de certains céréaliers ornais, on s'interroge : “les OS ont-ils joué le jeu?”

Grégoire Dublineau

Grégoire Dublineau

Les acquis de la manifestation du 27 avril

Le contexte dans lequel évolue l'agriculture a fortement changé. Il faut désormais s'habituer à vivre avec une politique agricole où il sera moins question d'aides que de prix. Le bilan de santé a démantelé en grande partie des outils de régulation. La manifestation des producteurs grandes cultures du 27 avril dernier à Paris, pour laquelle les ornais ont assumé leur part d'engagement, a souligné la gravité de la situation. Les pouvoirs publics ont été alertés et quelques menus acquis ont déjà été engrangés (autorisation des camions à 44 t, rétropédalage gouvernemental sur des questions environnementales...). Il importe désormais de dépasser tous les tiraillements entre productions et de travailler ensemble pour proposer une feuille de route pour 2013 car on peut craindre que la PAC ne soit plus une priorité européenne. Pour l'instant, seule la garantie d'un budget jusqu'en 2013 existe. Mais autour de la table européenne, ce sont 27 pays qui auront à discuter de budgets non extensibles.

Contractualisation et valeur ajoutée

“Une de nos priorités, c'est de mettre l'accent sur l'organisation économique des producteurs et sur la contractualisation pour capter la valeur ajoutée, a insisté Grégoire Dublineau.Pour cela, la FOP a travaillé à l'établissement d'un accord-cadre de nature interprofessionnelle pour le biodiesel français”. Avec le bilan de santé, l'aide aux cultures énergétiques (ACE) a été supprimée pour 2010. Celle-ci avait pourtant l'avantage de passer par la contractualisation et d'assurer un volume pour la filière. La FOP souhaite “une démarche gagnant/gagnant entre producteurs, OS et industriels”. Il s'agit de créer une nouvelle relation entre collecteurs et industriels mais aussi d'offrir aux agriculteurs la possibilité d'entrer dans une démarche pluriannuelle. C'est aussi assurer un filet de sécurité pour l'exploitant sur une partie de sa production.
Cet accord, qui s'est mis en place progressivement, avait pour objectif d'atteindre les 650 000 ha contractualisés. On en serait à moins de 50 %.On s'est étonné, mercredi à Alençon, de cette faible mobilisation pour un accord dans lequel Diester Industrie s'engageait à verser aux OS un acompte au moins égal à 95 % de la moyenne MATIF ajustable en fonction du marché du colza alimentaire. Rémunération à laquelle s'ajoute une prime de contractualisation. Parallèlement, le producteur s'engage sur le tiers de sa surface en oléagineux sur 3 ans. Une prime spécifique supplémentaire de 10 e/t se rajoute à son prix colza diester. “Participer, c'est soutenir la filière, considèrent les responsables. Il ne peut y avoir de réussite individuelle durable en agriculture sans réussite collective. Face à des groupes pétroliers puissants, notre organisation interprofessionnelle a tout son sens,” a rebondi Grégoire Dublineau.Reste que les dés 2010 sont désormais lancés.

109 000 céréaliers en France

La manifestation des producteurs de grandes cultures du 27 avril à Paris a étonné par le nombre de régions qui se sont mobilisées au-delà du grand Bassin Parisien. La production de grains constitue en fait une dominante ou une activité significative sur un grand nombre d'exploitations professionnelles françaises : 109 000 (dont 2 979 en Basse-Normandie) sur 326 000. Ces 109 000 exploitations (73 000 à dominante grains d'une taille moyenne de 116 ha et 36 000 de culture/élevage d'une moyenne de 104 ha) cultivent 80 % des surfaces de céréales et d'oléoprotéagineux mises en valeur par l'ensemble des exploitations professionnelles.

Xavier Beulin (président de la FOP)

“Ce débouché énergétique est essentiel pour l'huile car il est complémentaire du débouché alimentaire qui est totalement satisfait et renforce les débouchés tourteaux et chimie du végétal. Or, le prix de la graine est bien le fruit de plusieurs valorisations. De plus, cet accord permet aussi d'inscrire notre activité dans la démarche de progrès et de répondre ainsi aux attentes sociétales en matière de développement durable tout en confortant le rôle stratégique du colza et du tournesol en lieu et place du palme et du soja”.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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