FDSEA : Porter à l'écran la saison 2 du Livre blanc du Massif central

Patricia Olivieri

Si une bataille a été gagnée avec le bilan de santé de la Pac, la FDSEA poursuit son action pour redonner aux producteurs voix au chapitre dans les relations commerciales.

Le “trou de l'herbe” historique quasiment réparé, des soutiens différenciés aux productions fragiles enfin introduits, la mise en place d'outils de gestion des risques climatiques et sanitaires... Autant d'acquis obtenus à travers le bilan de santé de la Pac, qu'il y a un an à peine “on n'imaginait même pas voir un jour se concrétiser”, selon les propres termes du préfet Mourier. Mais si une partie du scénario du Livre blanc de l'agriculture du Massif central porté par les syndicats FDSEA et JA de cette grande région, a pris corps en 2009 - non sans combats, houleux, au sein même de la FNSEA - l'heure n'était pas à savourer la victoire mardi au congrès de la FDSEA du Cantal. Car, malgré les 18 millions d'euros supplémentaires qui devraient entrer dans la ferme Cantal l'an prochain, l'horizon est loin d'être dégagé pour l'élevage et l'agriculture de montagne. “Cette réforme ne sera pas appliquée que déjà il faudra se battre pour la prochaine”, a prévenu le secrétaire général Patrick Bénézit.

Remettre le couvert

Et Thierry Boulleau, animateur du Sidam, d'exposer les raisons qui obligent d'ores et déjà “à se remet-tre au travail”, pour voir écrit le tome II du Livre blanc : “On entend bruisser à l'OMC le retour de négociations, dont on sait qu'elles impacteront la politique agricole communautaire”. Une Pac dont les subsides pourraient bien aussi être mis à mal par le débat que les Vingt-sept s'apprêtent à entamer sur le budget européen pour la période 2013-2020, sans compter une réforme profonde sur les orientations agricoles de l'Union européenne, déjà en gestation à Bruxelles. En clair, même avec des soutiens revalorisés qu'il conviendra néanmoins de conforter d'ici à 2013, l'élevage cantalien n'est pas armé pour affronter des prix mondiaux volatils qui pourraient devenir la règle sans des mécanismes de régulation que la profession appelle plus que jamais de ses voeux. Rompre avec la logique ultralibérale de l'OMC, protéger les producteurs européens d'une concurrence déloyale par le retour à l'un des piliers fondateurs de la Pac, la préférence communautaire, maintenir ou restaurer les outils de gestion des excédents (quotas, stocks de sécurité) et permettre une organisation de l'offre via le renforcement des interprofessions : tels sont les incontournables défendus par la FDSEA pour assurer une certaine lisibilité à la production. Des préalables nécessaires mais pas encore suffisants : “Avec une révolution du même niveau que celle qu'a connue l'agriculture dans les années 60, la question fondamentale est de savoir quel sera le pouvoir des producteurs pour défendre le prix de leurs produits”, a déclaré le président Escure, convaincu que les évolutions actuelles ne devaient rien au hasard.

L'opportune LMA

Alors, plutôt que de subir ce qu'ils considèrent être un diktat sur les prix imposés par les transformateurs, le syndicat cantalien s'engage dans une nouvelle entreprise ambitieuse : obtenir un cadre réglementaire, via la future loi de modernisation agricole, garantissant une relation équitable entre les maillons de la production et de la transformation. Face à des opérateurs d'aval qui se concentrent (la Cooperl pèse ainsi 25 % des porcs français, le groupe Bigard plus de 50 % du marché de la viande bovine hexagonale,...), les éleveurs du pays vert estiment que le contrat peut être un bon outil à condition que ce dernier intègre un engagement sur le prix, au-delà des volumes, périodicité et qualité. Et pour écarter tout risque d'intégration, la FDSEA plaide pour des contrats collectifs à l'échelle d'un territoire : les producteurs, leurs groupements ou associations, donneraient mandat de négociation et de facturation à une organisation collective territoriale en charge d'établir ce contrat avec les transformateurs. “Dans un monde qui s'écroule, il nous faut réinventer des outils avec l'aide des pouvoirs publics”, a exhorté Patrick Escure.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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