Ferme des 1.000 vaches: tensions avant une réunion au ministère de l'Agriculture mardi

Ferme des 1.000 vaches: tensions avant une réunion au ministère de l'Agriculture mardi
© Confédération paysanne

Après trois jours de blocage de la ferme dite des 1.000 vaches dans la Somme, les opposants ont laissé passer avec réticence un premier camion de lait alors qu'une réunion de conciliation est prévue mardi au ministère de l'Agriculture.

Pendant une demi heure, une vingtaine de militants de l'association locale Novissen et de la Confédération paysanne ont empêché d'entrer le premier camion de ramassage du lait produit depuis le démarrage de l'exploitation samedi matin, amenant un nombre équivalent de gendarmes à intervenir pour dégager la voie. Entonnant le Chant des partisans, dénonçant "l'emploi de la force publique pour protéger (Michel) Ramery" le promoteur du projet de ferme géante de Drucat (Somme), à quelques km au nord d'Abbeville, se couchant par terre devant les roues du camion citerne, ou criant "demi tour", les militants ont donné du fil à retordre aux gendarmes.
Au retour, le camion a pu ensuite ressortir avec sa cargaison de lait, sans trop d'encombres. Ce devait être un baroud d'honneur, le président de Novissen Michel Kfoury et un secrétaire national de la Confédération paysanne, Claude Cellier, ayant auparavant annoncé aux personnes participant au blocage qu'une fois le camion arrivé, il faudrait certes faire de l'obstruction pendant un moment, mais "sans violence". Le libre passage du camion était l'une des conditions à la tenue de la réunion au ministère de l'Agriculture, ont-ils expliqué.
M. Kfoury doit être reçu mardi à 10H00 au ministère par le directeur de cabinet du ministre Stéphane Le Foll en compagnie notamment de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, de la députée EELV de la Somme Barbara Pompili, pour une réunion qualifiée de "rappel de la situation réglementaire" par le ministère et de "sortie de crise" par les opposants. Michel Ramery devait y participer aussi, de même que la préfète de la Somme, Nicole Klein. La Confédération paysanne et Novissen réclament un engagement écrit de M. Ramery, avec la garantie formelle de l'Etat, que le cheptel de vaches laitières soit limité à 500 têtes, comme l'autorise le permis d'exploitation délivré en février 2013 et non à 1.000 comme le projet initial le prévoit.  

La limitation du cheptel, principal désaccord

  Quelle que soit la tournure que prendra la réunion, toute demande d'agrandissement devra être soumise à une autorisation, qui dépendra notamment du plan d'épandage des déchets supplémentaires de la ferme. Les opposants à la ferme géante souhaitent aussi que soit actée laréduction à 0,6 MW de la puissance du méthaniseur qui produira de l'électricité avec le gaz produit par les bouses, au lieu des 1,3 MW prévus à l'origine. Une revendication à laquelle M. Ramery se dit prêt à souscrire, contrairement à la limitation de son cheptel, qu'il estime contraire au droit. "Cela fait un an que nous réclamons une table ronde sur les élevages industriels. Il s'agit d'un sujet national et non local", a déclaré Mikel Hiribaren, le secrétaire général de la Confédération paysanne, opposé au gigantisme en agriculture.
Depuis l'arrivée des 150 premières vaches, Novissen a monté la garde jour et nuit depuis samedi matin devant l'entrée du chemin, qui mène, à 500 mètres de là, à la ferme, non sans fatigue pour ses adhérents. Témoignant des tensions sur le terrain, l'arrivée inopinée lundi en fin d'après-midi d'un camion transportant de la chaux pour la ferme, conduit par un camionneur belge, a failli dégénérer en bagarre généralisée. Cela a obligé le directeur de l'exploitation, Michel Welter, à venir expliquer aux participants au blocage que l'arrivée de ce camion, venu de l'étranger, était fortuite. Lundi soir, Brigitte Bardot, a annoncé qu'elle avait écrit à la préfète de la Somme pour lui faire part de son opposition à la ferme géante, au nom du bien-être animal, indiquant que le porte-parole de sa Fondation, Christophe Marie, viendrait se joindre mardi aux opposants de Drucat.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 5

geo

@manoir584: en comparant les vaches laitières et les poilus, pensez vous sincèrement que vous donnez de la crédibilité à votre discours? Revenons-en au confort des vaches. A votre avis, préfèrent-elles une mise à l'herbe régulière ou une vie toute entière dans une stabu, à passer à la salle de traite 3 fois/jour, sans même savoir quel est le goût de l'herbe? Comparons 2 modèles visibles à un même moment.

Tito

Si on pouvait vivre avec 20 vaches et 20 hectares ça serait super mais je n'ai pas envi de vivre d'amour et d'eau fraîche a plus

popeye80

Est ce que je vais voir comment et quant les gens de novissen vont bosser, s'ils sont seuls dans leur 4x4 à 12l au cent.Qu'on laisse les gens bosser et entreprendre à partir du moment où la réglementation est respectée...

MANOIR884

Re bonjour l'agriculture est une des rares activités qui marchent encore dans une France proche de la banqueroute, en tous cas mieux qu'AIR FRANCE SNCF et autre SNCM.Se battre contre la modernisation c'est se tirer une balle dans le pied.Que connait Brigitte Bardot en terme de confort ou maltraitance des vaches laitières.La ferme dite des mille vaches n'en contient que cinq cent suite à l'association de trois éleveurs pour un meilleur confort de travail et une baisse des charges au litre de lait.
Dans cette année centenaire du début de la grande guerre, je pense que les vaches dans cette étable sont plus heureuses mieux nourries et moins en danger que les poilus dans les tranchées.
Messieurs les censeurs de plein champ ,bonne lecture.

alaan33

ils sont rigolos ces opposant c'est a cause de leurs visions que l'agriculture française se meure, pourquoi emmerder les 1000 vaches et pas les autres qui sont aussi des grosses structures avec 300 500 voir meme 700 pour certains sauf que eux il y a ecrit GAEC sans doute ou FNSEA a l entre

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires