Fièvre catarrhale ovine : Elle n'a pas fait que des dégâts commerciaux

P. OLIVIERI

On a beaucoup parlé en 2008 de son impact sur l'export d'animaux vers l'Italie. Mais le virus de la FCO a aussi montré sa virulence sur les cheptels cantaliens.

Ils le reconnaissent bien volontiers : ils étaient il y a peu encore parmi les plus réfractaires à la vaccination contre la FCO (fièvre catarrhale ovine). Mais en l'espace de quelques jours, les dégâts du virus sur leur cheptel les a définitivement convaincus de protéger leur élevage. “Cette année j'y ai laissé trois veaux, deux morts avant le vêlage, le troisième né mal formé et aveugle explique Jean-Louis Dommergues, à la tête d'un élevage salers de 70 mères à Prantignac (Roannes-Saint-Mary). Il y a eu aussi deux vaches vides et j'ai déjà recensé huit vêlages par le siège sur 23 depuis décembre, c'est pas normal, sans compter qu'on voit de tout : des veaux de 25 à 70 kilos.” Ce n'est que mi-décembre que la diagnostic de la FCO a été posé sur des avortements. Pour Éric Février, président du syndicat cantalien des vétérinaires, Jean-Louis Dommergues est représentatif de la catégorie d'élevages contaminés par la FCO l'été dernier dans le département sans que des symptômes soient apparus dans la foulée. “Ailleurs, il peut y avoir absence totale de signe clinique mais les tests virologiques, pour l'export par exemple, révèlent que la maladie y était bien présente”, complète le vétérinaire de Saint-Mamet.

“ça n'arrive pas qu'aux autres”

“C'est vrai que j'étais réfractaire l'an dernier à vacciner, non pas à cause du coût mais du travail que cela demande pour regrouper tous les animaux, poursuit J.-L. Dommergues. Mais au deuxième veau que j'ai sorti pourri, je ne me suis même plus posé la question.” Louis Figeac non plus d'ailleurs. Chez ce producteur de lait de Marcolès, le doute sur les ravages de la FCO n'est plus permis : “Si certains veulent venir voir ce que ça fait, ma porte leur est ouverte, lâche L. Figeac, qui vient de faire ses comptes avec sa comptable de “l'épisode FCO” sur son troupeau : 20 300 euros de pertes (en tenant compte des indemnisations de l'État), pas loin d'un quart de son chiffre d'affaires de l'année. Car à Lamélie, la FCO n'a pas fait semblant : sur 40 vaches pleines, seuls 31 vêlages ont abouti. Cinq veaux sont morts dans les 15 jours qui ont suivi, deux vaches ont du être euthanasiées, douze sont parties à la réforme pour cause de mammites, croûtes, lésions sur les trayons, températures... L'éleveur sait aussi que même s'il a acheté des génisses pour renouveler son cheptel, les conséquences vont encore se faire sentir sur le long terme avec, pour celles qui sont restées, une lactation moindre et des risques d'infécondité. Vacciner ou pas, depuis le 12 août 2008, il ne se pose plus la question.





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Source union du cantal

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